Cythère
Un
pavillon à claires-voies
Abrite doucement nos joies
Qu'éventent des rosiers amis ;
L'odeur
des roses, faible, grâce
Au vent léger d'été qui passe,
Se mêle aux parfums qu'elle a mis ;
Comme
ses yeux l'avaient promis,
Son courage est grand et sa lèvre
Communique une exquise fièvre ;
Et
l'Amour comblant tout, hormis
La faim, sorbets et confitures
Nous préservent des courbatures.
En
bateau
L'étoile
du berger tremblote
Dans l'eau plus noire et le pilote
Cherche un briquet dans sa culotte.
C'est
l'instant, Messieurs, ou jamais,
D'être audacieux, et je mets
Mes deux mains partout désormais!
Le
chevalier Atys, qui gratte
Sa guitare, à Chloris l'ingrate
Lance une oeillade scélérate.
L'abbé
confesse bas Églé,
Et ce vicomte déréglé
Des champs donne à son coeur la clé.
Cependant
la lune se lève
Et l'esquif en sa course brève
File gaîment sur l'eau qui rêve.