Auguste Rodin
1840 ~ 1917
Monument les Bourgeois
de Calais

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Le
Monument aux En
1347, à la suite d'un siège particulièrement
long, la ville de Calais fut contrainte de se rendre au roi d'Angleterre
Edouard III. Six notables, Eustache de Saint-Pierre, Jean d'Aire,
Jacques et Pierre de Wissant, Jean de Fiennes, Andrieu d'Andres, prêts
à faire le sacrifice de leur vie, acceptèrent de porter
au roi les clefs de la ville. Au cour du XIXème siècle,
plusieurs projets de monuments virent le jour : ils avaient pour but
de célébrer l'héroïsme de ces calaisiens,
tout en renforçant l'identité historique de la ville. Karl-Henri
(Charles) Bodmer Modelées dans un premier temps au tiers de leur exécution définitive, "il y a des négligences de détails qui n'ont pas lieu d'étonner, car en général toutes les draperies seront recommencées en grand" (Rodin), les figures furent d'abord traitées isolément et nues (voir d'une part en salle 12 les maquettes et les contretypes des photographies des grands modèles dans l'atelier, d'autre part huit grands modèles dans le parc). Rodin ne les drapait que dans un second temps, afin d'en respecter l'anatomie et de faire ressortir "sous ces voiles, des charpentes, des systèmes nerveux, tous les organes de la vie, des êtres de chair et de sang" (Gustave Geffroy, exp. Monet - Rodin, 1889). Il les réunit ensuite, assurant ainsi une très grande cohésion au groupe dont les personnages sont assemblés à leur base par un jeu de clefs. Jacques-Ernest
Bulloz Le
groupe fut achevé en 1889, et le plâtre exposé
à cette date à la galerie Georges Petit à Paris
dans le cadre de l'exposition Monet - Rodin. Mais il fallut attendre
août 1895 pour qu'il soit inauguré à Calais sur
un socle élevé, traditionnel, au grand regret de Rodin
qui aurait préféré "l'avoir très
bas pour laisser au public pénétrer le coeur du sujet,
comme dans les mises au tombeau d'églises, ou le groupe est
presque par terre. (...) Le groupe (devient ainsi) plus familier et
(fait) entrer le public mieux dans l'aspect de la misère et
du sacrifice, du drame" (Rodin à Dewavrin, 8 décembre
1893). |