6 - Les Trophées - La
Centauresse
Jadis, à travers bois,
rocs, torrents et vallons,
Errait le fier troupeau des Centaures sans nombre ;
Sur leurs flancs le soleil se jouait avec lombre ;
Ils mêlaient leurs crins noirs parmi nos cheveux blonds.
Lété
fleurit en vain lherbe. Nous la foulons
Seules. Lantre est désert que la broussaille encombre ;
Et parfois je me prends, dans la nuit chaude et sombre,
À frémir à lappel lointain des étalons.
Car la race de jour en jour
diminuée
Des fils prodigieux quengendra la Nuée,
Nous délaisse et poursuit la Femme éperdument.
Cest que leur amour
même aux brutes nous ravale ;
Le cri quil nous arrache est un hennissement,
Et leur désir en nous nétreint que la cavale.