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La Mort dAgamemnon
Sonnet
Dans le fond du palais, sur
sa couche dairain,
Agamemnon repose et son âme se noie
Dans le divin sommeil ; le souvenir de Troie
Vient à peine parfois plisser son front serein.
Il dort et pour ses yeux
le jour du lendemain
Ne luira pas. Le cur plein de haine et de joie,
Clytemnestre déjà désigne de la main
A son timide amant cette royale proie.
Il tremble : ses cheveux
se hérissent deffroi ;
Mais, vers le lit de pourpre où repose le roi,
Lélancant fortement dune étreinte enivrante,
Elle le pousse ; ils vont
sans haleine, à pas lents
Egisthe va frapper
Et la lampe mourante
Les éclaire tous deux de ses reflets sanglants.