Dans Vérone, la
belle et lantique guerrière,
Il est de grands tombeaux, où, tout bardés de fer,
Muets, et les deux mains jointes pour la prière,
Sur leurs écus sculptés gisent les Scaliger.
Rigidement serrés dans leur robe
de pierre,
Sur leur front fatigué par loutrage de lair
Et les siècles nombreux, sous leur morte paupière,
Ils gardent un reflet orgueilleux de lEnfer.
Cétaient de durs seigneurs,
ces vieux Can, fils de lombre,
De qui Pétrarque a dit cette parole sombre :
« Que dans Vérone, entre eux, se dévoraient les
chiens. »
Et pourtant mieux vaudraient de tels
tyrans, ô ville,
Que dentendre en tous lieux sur ton pavé servile
Traîner insolemment des sabers autrichiens !