5 -Les Trophées - Nessus
Du temps que je vivais à
mes frères pareil
Et comme eux ignorant dun sort meilleur ou pire,
Les monts Thessaliens étaient mon vague empire
Et leurs torrents glacés lavaient mon poil vermeil.
Tel jai grandi, beau,
libre, heureux, sous le soleil ;
Seule, éparse dans lair que ma narine aspire,
La chaleureuse odeur des cavales dÉpire
Inquiétait parfois ma course ou mon sommeil.
Mais depuis que jai
vu lÉpouse triomphale
Sourire entre les bras de lArcher de Stymphale,
Le désir me harcèle et hérisse mes crins ;
Car un Dieu, maudit soit
le nom dont il se nomme !
A mêlé dans le sang enfiévré de mes reins
Au rut de létalon lamour qui dompte lhomme.