114 - Plus Ultra
Lhomme a conquis la
terre ardente des lions
Et celle des venins et celle des reptiles,
Et troublé lOcéan où cinglent les nautiles
Du sillage doré des anciens galions.
Mais plus loin que la neige
et que les tourbillons
Du Ström et que lhorreur des Spitzbergs infertiles,
Le Pôle bat dun flot tiède et libre des îles
Où nul marin na pu hisser ses pavillons.
Partons ! je briserai linfranchissable
glace,
Car dans mon corps hardi je porte une âme lasse
Du facile renom des conquérants de lor.
Jirai. Je veux monter
au dernier promontoire,
Et quune mer, pour tous silencieuse encor,
Caresse mon orgueil dun murmure de gloire.