103 - La Mer de
Bretagne :
Floridum Mare
La moisson débordant
le plateau diapré
Roule, ondule et déferle au vent frais qui la berce ;
Et le profil, au ciel lointain, de quelque herse
Semble un bateau qui tangue et lève un noir beaupré.
Et sous mes pieds, la mer,
jusquau couchant pourpré,
Céruléenne ou rose ou violette ou perse
Ou blanche de moutons que le reflux disperse,
Verdoie à linfini comme un immense pré.
Aussi les goëlands qui
suivent la marée,
Vers les blés mûrs que gonfle une houle dorée,
Avec des cris joyeux, volaient en tourbillons ;
Tandis que, de la terre,
une brise emmiellée
Éparpillait au gré de leur ivresse ailée
Sur lOcéan fleuri des vols de papillons.