100 - LA NATURE
ET LE RÊVE
La Sieste
Pas un seul bruit dinsecte
ou dabeille en maraude,
Tout dort sous les grands bois accablés de soleil
Où le feuillage épais tamise un jour pareil
Au velours sombre et doux des mousses démeraude.
Criblant le dôme obscur,
Midi splendide y rôde
Et, sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil,
De mille éclairs furtifs forme un réseau vermeil
Qui sallonge et se croise à travers lombre chaude.
Vers la gaze de feu que trament
les rayons
Vole le frêle essaim des riches papillons
Quenivrent la lumière et le parfum des sèves ;
Alors mes doigts tremblants
saisissent chaque fil,
Et dans les mailles dor de ce filet subtil,
Chasseur harmonieux, jemprisonne mes rêves.