32 - Les Trophées
- LEsclave
Tel, nu, sordide, affreux,
nourri des plus vils mets,
Esclave vois, mon corps en a gardé les signes
Je suis né libre au fond du golfe aux belles lignes
Où lHybla plein de miel mire ses bleus sommets.
Jai quitté lîle
heureuse, hélas !
Ah ! si jamais
Vers Syracuse et les abeilles et les vignes
Tu retournes, suivant le vol vernal des cygnes,
Cher hôte, informe-toi de celle que jaimais.
Reverrai-je ses yeux de sombre
violette,
Si purs, sourire au ciel natal qui sy reflète
Sous larc victorieux que tend un sourcil noir ?
Sois pitoyable ! Pars, va,
cherche Cléariste
Et dis-lui que je vis encor pour la revoir.
Tu la reconnaîtras, car elle est toujours triste.