À Paul Arène
Napproche pas ! Va-ten
! Passe au large, Étranger !
Insidieux pillard, tu voudrais, jimagine,
Dérober les raisins, lolive ou laubergine
Que le soleil mûrit à lombre du verger ?
Jy veille. À
coups de serpe, autrefois, un berger
Ma taillé dans le tronc dun dur figuier dÉgine
;
Ris du sculpteur, Passant, mais songe à lorigine
De Priape, et quil peut rudement se venger.
Jadis, cher aux marins, sur
un bec de galère
Je me dressais, vermeil, joyeux de la colère
Écumante ou du rire éblouissant des flots ;
À présent,
vil gardien de fruits et de salades,
Contre les maraudeurs je défends cet enclos...
Et je ne verrai plus les riantes Cyclades.