29 - Les Trophées
- Épigramme funéraire
Ici gît, Étranger,
la verte sauterelle
Que durant deux saisons nourrit la jeune Hellé,
Et dont laile vibrant sous le pied dentelé
Bruissait dans le pin, le cytise ou lairelle.
Elle sest tue, hélas
! la lyre naturelle,
La muse des guérets, des sillons et du blé ;
De peur que son léger sommeil ne soit troublé,
Ah ! passe vite, ami, ne pèse point sur elle.
Cest là. Blanche,
au milieu dune touffe de thym,
Sa pierre funéraire est fraîchement posée.
Que dhommes nont pas eu ce suprême destin !
Des larmes dun enfant
sa tombe est arrosée,
Et lAurore pieuse y fait chaque matin
Une libation de gouttes de rosée.