22 - Les Trophées
- Marsyas
Les pins du bois natal que
charmait ton haleine
Nont pas brûlé ta chair, ô malheureux ! Tes
os
Sont dissous, et ton sang sécoule avec les eaux
Que les monts de Phrygie épanchent vers la plaine.
Le jaloux Citharède,
orgueil du ciel hellène,
De son plectre de fer a brisé tes roseaux
Qui, domptant les lions, enseignaient les oiseaux ;
Il ne reste plus rien du chanteur de Célène.
Rien quun lambeau sanglant
qui flotte au tronc de lif
Auquel on la lié pour lécorcher tout vif.
Ô Dieu cruel ! Ô cris ! Voix lamentable et tendre !
Non, vous nentendrez
plus, sous un doigt trop savant,
La flûte soupirer aux rives du Méandre
Car la peau du Satyre est le jouet du vent.