15 - Les Trophées
- Le Bain des Nymphes
Cest un vallon sauvage
abrité de lEuxin ;
Au-dessus de la source un noir laurier se penche,
Et la Nymphe, riant, suspendue à la branche,
Frôle dun pied craintif leau froide du bassin.
Ses compagnes, dun
bond, à lappel du buccin,
Dans londe jaillissante où sébat leur chair
blanche
Plongent, et de lécume émergent une hanche,
De clairs cheveux, un torse ou la rose dun sein.
Une gaîté divine
emplit le grand bois sombre.
Mais deux yeux, brusquement, ont illuminé lombre.
Le Satyre !... Son rire épouvante leurs jeux ;
Elles sélancent.
Tel, lorsquun corbeau sinistre
Croasse, sur le fleuve éperdument neigeux
Seffarouche le vol des cygnes du Caÿstre.