13 - Les Trophées - Nymphée
Le quadrige céleste
à lhorizon descend,
Et, voyant fuir sous lui loccidentale arène,
Le Dieu retient en vain de la quadruple rêne
Ses étalons cabrés dans lor incandescent.
Le char plonge. La mer, de
son soupir puissant,
Emplit le ciel sonore où la pourpre se traîne,
Tandis quà lEst doù vient la grande
nuit sereine
Silencieusement sargente le Croissant.
Voici lheure où
la Nymphe, au bord des sources fraîches,
Jette larc détendu près du carquois sans flèches.
Tout se tait. Seul, un cerf brame au loin vers les eaux.
La lune tiède luit
sur la nocturne danse,
Et Pan, ralentissant ou pressant la cadence,
Rit de voir son haleine animer les roseaux.