Guy De Maupassant

« Et, dans la suite des temps, ceux qui ne le connaîtront que par
ses œuvres l'aimeront pour l'éternel chant d'amour qu'il a chanté à la vie »
Émile Zola

Biographie de Guy de Maupassant,
structurée par années

1850

Maupassant naquit le plus vraissemblablement au château de Miromesnil, le 5 août, dans la commune de Tourville-sur-Arques. Certains biographes soutiennent l'origine Fécampoise de Maupassant. Selon eux, il serait né chez sa grand mère maternelle.

Le château de Miromesnil


Il passe cependant ses premières années de jeunesse à Fécamp, parmi les enfants de pêcheurs, à deux pas de la mer et des grands voiliers qui l'attireront toute sa vie.
Il vit une enfance agitée dans un foyer désuni, entre une mère excessive et névropathe qu'il adore et un père faible qu'il méprise jusqu'à douter de la légitimité de son ascendance.

Fécamp et Etretat


Etudes au Lycée impérial Napoléon à Paris.

1863
Etudes à l'institution écclésiastique d'Yvetot. Elève "ouvert", "docile", "poli", il supporte difficilement les contraintes du pensionnat solitaire dans lequel il se trouve "enseveli".
De cette période sombre datent les premiers essais poétiques d'inspiration symboliste.
Chaque été, il va passer les vacances chez sa grand-mère, ou dans la "chère maison des Verguies" de ses parents à Etretat (cité balnéaire). Sportif, excellent nageur, il possède sa barque qui lui permet de lire au calme et d'aller se baigner au large avec son chien Matho.

Les falaises d'Etretat

1868
Renvoyé du collège religieux, il passe quatorze mois au Lycée Corneille de Rouen comme interne de la classe de rhéthorique.
Il rencontre le poète Louis Bouilhet qui accueille avec faveur ses vers de débutant, ainsi que Flaubert, ami de la famille depuis longtemps (La mère de M le tutoie).

Rem: Maupassant dit d'eux: "Deux hommes par leurs enseignements simples et lumineux m'ont donné cette force de toujours tenter".

1869
Malgré son abattement face à la mort subite de Bouilhet, Guy passe et réussit à Caen son baccalauréat.
Inscrit à la Faculté de Droit de Paris, il vit médiocrement.

1870
La guerre franco-allemande marque profondément Maupassant qui va dire son horreur de toutes les guerres, de ceux qui la préparent et de ceux qui en vivent. Il est affecté à Rouen dans les services de l'intendance.

1872
La guerre est finie.
Pour se faire une "situation" il devient rond-de-cuir d'abord au Ministère de la Marine, puis à l'Instruction Publique.
Flaubert accepte d'encourager la vocation littéraire de Guy à deux conditions:
Qu'il écrive sans s'arrêter.
Qu'il s'abstienne de publier.


1875
Parution de deux nouvelles fantastiques sous le pseudonyme de Joseph Prunier: La main d'écorché.
La passion de Guy: le canotage. Chaque week-end, il rame le long des berges fleuries de la Seine, ivre d'air pur. Flaubert doit d'ailleurs le rappeler à ses devoirs car les heures de détente empiètent largement sur son travail.
Rem: Maupassant a dit: "L'eau, ma grande, mon absorbante passion".
Epoque des rencontres hebdomadaires avec Zola, d'abord au café Trapp à Paris où celui-ci réunit chaque jeudi un cénacle d'amis écrivains; puis dans la vaste demeure de Médan, près de la Seine.

Emile Zola La demeure de Médan

1877
Les premiers signes de maladie apparaissent; ceux-ci s'amplifieront jusquà sa mort provoquant migraines, vertiges, troubles de la vue, neurasthénie, exaltation, hallucinations. Il s'agit de troubles nerveux héréditaires dont son frère a déjà fait l'objet.
Outre ses soins au bromure, mercure et excitants, il se droguera à l'opium (relativement courant à cette époque) et à l'éther.


1880
Début de sa carrière de chroniqueur au Gaulois.
Flaubert avalise l'édition de Boule-de-suif, meilleure production des cinq de Médan. Le succès est fulgurant. En quelques semaines, Guy devient célèbre, les grands noms de la presse se l'arrachent pour des feuilletons, très en vogue, ou des chroniques.
Ce bel élan d'enthousiasme fut brisé le 8 juin, car Flaubert trépasse d'une attaque d'apoplexie.
Maupassant, moralement meurtri, rejoint Paris et partage son temps entre la littérature, le journalisme et les voyages.

1881
Début de sa carrière de chroniqueur au Gil Blas.
Premier recueil de contes: La maison Tellier.
Il suit la campagne coloniale en Tunisie et bientôt en Algérie.

1882
Mademoiselle Fifi
Premier grand roman: Une vie. Le succès est immédiat.
Contes.
Ses ennuis de santé, des troubles oculaires et une sensibilité au froid qui s'emplifiera, nécéssitent des séjours prolongés à "La Guillette" près d'Etretat.

1883
Maupassant, promu grand reporter au quotidien "Le Gaulois" puis au "Gil Blas", effectue quatre voyages de plusieurs mois en Afrique du nord.

1884
Années de travail fécond et de plaisirs. C'est le début du succès, mais ce n'est pas encore la gloire.
Parutions :
Recueil de voyages : Au soleil.
Contes : Clair de lune.
Miss Harriet et Les soeurs Rondoli.

1885
Parution de Bel-Ami: oeuvre fétiche, oeuvre-clé, immédiatement assimilée à son auteur, Tout commme Duroy, il est journaliste, élégant et sociable, séducteur et bellâtre à ses heures (voir sa correspondance avec des femmes), amoureux du terroir et térrorisé par la mort, mais n'ayant pas besoin d'une Madeleine Forestier pour terminer ses articles!
Bel-Ami est donc un "négatif" de lui-même et non une autobiographie primaire.
Dans Bel-Ami, le monde grouillant de la finance, celle du crash de l'Union Générale et de la dette tunisienne, sert de toile de fond et, à l'occasion, de tremplin personnel à l'aventurier.
Parution de trois recueils de contes: Yvette, Contes du jour et de la nuit, Toine.
Maupassant fait des voyages en Italie et dans le Massif Central.

1886
Parution de deux recueils de contes: Mr Parent, La petite Roque.
La maladie mine de plus en plus l'écrivain.

1887
Parution de Mont-Oriol: troisième roman.
"Le horla".
Hervé, le frère instable de Maupassant, peu à peu devient fou.

1888
Parutions :
Pierre et Jean: une grande oeuvre.
Sur l'eau: récit de voyages.
Le rosier de Madame Husson: contes.
La Méditerranée.

1889
Parutions :
La main gauche: contes.
Fort comme la mort: roman mondain.
Internement et décès le 13 novembre, à l'asile de Lyon, de Hervé, son frère cadet.

1890
Malgré les tortures physiques et morales, Maupassant à bout de forces écrit encore:
La vie errante: voyages.
L'inutile beauté: contes.
Notre coeur: roman mondain.

1891
1891-1893: Dans ses derniers efforts, il écrit: L'âme étrangère, L'angélus, restés inachevés.

1892
Après une tentative de suicide, il est interné à passy le 6 janvier 1892.

1893
Atteint de troubles nerveux et d'une syphilis évoluant en paralysie générale, il meurt fou le 6 juillet 1893.

Thanks to Connie Nisinger for this courtesy

Guy de Maupassant gît depuis au cimetierre Montparnasse à Paris.