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32 - Ballade[1]
« Quand à peine un nuage »
Regarder les ondes de lair
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Puis, admirant sur les sillons
Les ailes des gais papillons
De mille coulours parsemées,
Les croire des fleurs animées.
SAINT-AMAND.
See?! moats and bridges wals and castles
rid.
CRABBE.
Sonne, sonne, ami Dampierre.
Ballade des chasseurs.
Un peu plus loin considérez cette
alouette
qui sélève peu à peu du milieu des blés
: en
voltigeant en haut, elle chante si mélodieusement
quil ne se peut mieux?; vous diriez quelle va
en chantant boire dans les nuées.
Le Confiteor de linfidèle éprouvé.
Quand à peine un nuage,
Flocon de laine, nage
Dans les champs du ciel bleu,
Et que la moisson mûre,
Sans vagues ni murmure,
Dort sous le ciel en feu ;
Quand les couleuvres souples
Se promènent par couples
Dans les fossés taris ;
Quand les grenouilles vertes,
Par les roseaux couvertes,
Troublent lair de leurs cris ;
Aux fentes des murailles
Quand luisent les écailles
Et les yeux du lézard,
Et que les taupes fouillent
Les prés, où sagenouillent
Les grands bufs à lécart,
Quil fait bon ne rien faire,
Libre de toute affaire,
Libre de tous soucis,
Et sur la mousse tendre
Nonchalamment sétendre,
Ou demeurer assis ;
Et suivre laraignée,
De lumière baignée,
Allant au bout dun fil
À la branche dun chêne
Nouer la double chaîne
De son réseau subtil,
Ou le duvet qui flotte,
Et quun souffle ballotte
Comme un grand ouragan,
Et la fourmi qui passe
Dans lherbe, et se ramasse
Des vivres pour un an,
Le papillon frivole,
Qui de fleurs en fleurs vole
Tel quun page galant,
Le puceron qui grimpe
À lodorant olympe
Dun brin dherbe tremblant ;
Et puis sécouter vivre,
Et feuilleter un livre,
Et rêver au passé
En évoquant les ombres,
Ou riantes ou sombres,
Dun long rêve effacé,
Et battre la campagne,
Et bâtir en Espagne
De magiques châteaux,
Créer un nouveau monde
Et jeter à la ronde
Pittoresques coteaux,
Vastes amphithéâtres
De montagnes bleuâtres,
Mers aux lames dazur,
Villes monumentales,
Splendeurs orientales,
Ciel éclatant et pur,
Jaillissantes cascades,
Lumineuses arcades
Du palais dObéron,
Gigantesques portiques,
Colonnades antiques,
Manoir de vieux baron
Avec sa châtelaine,
Qui regarde la plaine
Du sommet des donjons,
Avec son nain difforme,
Son pont-levis énorme,
Ses fossés pleins de joncs,
Et sa chapelle grise,
Dont lhirondelle frise
Au printemps les vitraux,
Ses mille cheminées
De corbeaux couronnées,
Et ses larges créneaux,
Et sur les hallebardes
Et les dagues des gardes
Un éclair de soleil,
Et dans la forêt sombre
Lévriers eu grand nombre
Et joyeux appareil,
Chevaliers, damoiselles,
Beaux habits, riches selles
Et fringants palefrois,
Varlets qui sur la hanche
Ont un poignard au manche
Taillé comme une croix !
Voici le cerf rapide,
Et la meute intrépide !
Hallali, hallali !
Les cors bruyants résonnent,
Les pieds des chevaux tonnent,
Et le cerf affaibli
Sort de létang quil trouble
;
Lardeur des chiens redouble :
Il chancelle, il sabat.
Pauvre cerf ! son corps saigne,
La sueur à flots baigne
Son flanc meurtri qui bat ;
Son il plein de sang roule
Une larme, qui coule
Sans toucher ses vainqueurs ;
Ses membres froids sallongent ;
Et dans son col se plongent
Les couteaux des piqueurs.
Et lorsque de ce rêve
Qui jamais ne sachève
Mon esprit est lassé,
Jécoute de la source
Arrêtée en sa course
Gémir le flot glacé,
Gazouiller la fauvette
Et chanter lalouette
Au milieu dun ciel pur ;
Puis je mendors tranquille
Sous londoyant asile
De quelque ombrage obscur.
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? Le sujet de cette ballade est le même
que celui de la pièce intitulée : Far-niente?; mais le
rythme en est si dissemblable, que jai cru pouvoir la conserver
sans inconvenient. (Note de lauteur, 1830.)
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