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22 - Pensées
dautomne
La rica autouna ses
passada
Lhiver suz un cari tourat
Sen ven la capa ementoulada
Dun veû neblouz enjalibrat.
Son autounous.
Jentends siffler la
bise aux branchages rouillés
Des saules qui là-bas se balancent mouillés.
AUGUSTE M.
Lautomne va finir : au milieu du ciel terne,
Dans un cercle blafard et livide que cerne
Un nuage plombé, le soleil dort ; du fond
Des étangs remplis deau monte un brouillard qui fond
Collines, champs, hameaux dans une même teinte ;
Sur les carreaux la pluie en larges gouttes tinte ;
La froide bise siffle ; un sourd frémissement
Sort du sein des forêts ; les oiseaux tristement,
Mêlant leurs cris plaintifs aux cris des bêtes fauves,
Sautent de branche en branche à travers les bois chauves,
Et semblent aux beaux jours envolés dire adieu.
Le pauvre paysan se recommande à Dieu,
Craignant un hiver rude ; et moi, dans les vallées
Quand je vois le gazon sous les blanches gelées
Disparaître et mourir, je reviens à pas lents
Masseoir, le cur navré, près des tisons brûlants,
Et là je me souviens du soleil de septembre
Qui donnait à la grappe un jaune reflet dambre,
Des pommiers du chemin pliant sous leur fardeau,
Et du trèfle fleuri, pittoresque rideau
Sétendant à longs plis sur la plaine rayée,
Et de la route étroite en son milieu frayée,
Et surtout des bleuets et des coquelicots,
Point de pourpre et dazur dans lor des blés égaux.
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