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11 - Le Sentier
Le Sentier (Gautier)
En une sente me vins rendre
Longue et estroite, où lherbe tendre
Croissait très drue.
Le Livre des quatre Dames.
Un petit sentier vert, je le
pris
ALFRED DE MUSSET.
Il est un sentier creux dans la vallée
étroite,
Qui ne sait trop sil marche à gauche ou bien à droite.
Cest plaisir dy passer, lorsque Mai sur ses bords,
Comme un jeune prodigue, égrène ses trésors?;
Laubépine fleurit?; les frêles pâquerettes,
Pour fêter le printemps, ont mis leurs collerettes.
La pâle violette, en son réduit obscur,
Timide, essaie au jour son doux regard dazur,
Et le gai bouton dor, lumineuse parcelle,
Pique le gazon vert de sa jaune étincelle.
Le muguet, tout joyeux, agite ses grelots,
Et les sureaux sont blancs de bouquets frais éclos?;
Les fossés ont des fleurs à remplir vingt corbeilles,
À rendre riche en miel tout un peuple dabeilles.
Sous la haie embaumée un mince filet deau
Jase et fait frissonner le verdoyant rideau
Du cresson. Ce sentier, tel quil est, moi je laime
Plus que tous les sentiers où se trouvent de même
Une source, une haie et des fleurs?; car cest lui,
Qui, lorsque au ciel laiteux la lune pâle a lui,
À la brèche du mur, rendez-vous solitaire
Où lamour sembellit des charmes du mystère,
Sous les grands châtaigniers aux bercements plaintifs,
Sans les tromper jamais, conduit mes pas furtifs.
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