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Poésies nouvelles
et inédites
Au Bois de Boulogne
Au Bois de Boulogne
Le front fumant encor d'une ardente besogne,
Lautre jour, à cheval, dans le bois de Boulogne
Je courais. Les sentiers au feuillage nouveau,
Lencens des bourgeons verts, me montaient au cerveau,
Et laissant de côté livres neufs et vieux tomes,
Je me baignais dans l'air aux lumineux atomes,
Heureux, insouciant, comme tout cavalier
Que berce du galop le rhythme régulier !
Car en dépit des vers de Boileau, pris d'Horace,
Le chagrin ne peut suivre une bête de race,
Et, vous regardant fuir, sasseoit, traînant le pied,
Au talus du chemin, comme un estropié !
Par le sentier étroit qui borde chaque
route
Cheminait une vieille, au dos formant la voûte,
Au front gris, à lil creux par la maigreur vidé,
Au visage de bistre affreusement ridé,
Parchemin que la vie a timbré de ses marques.
Ainsi faite, on eût dit lune de ces trois Parques,
Groupe morne et fatal, peint par Buonarotti,
Et quà Florence on voit dans le palais Pitti !
Parfois elle allongeait sur une violette
Hors de sa mante noire une main de squelette,
Comme une vierge, en Mai, pour parfumer son cur,
De son ongle dagate au bois coupe une fleur.
Ce souvenir fleuri des premières années,
Mettait quelque fraîcheur sur ses tempes veinées,
Et sa lèvre riait à ses anciens printemps,
À ses beaux amoureux, défunts depuis trente ans.
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