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Charles Cros (1842-1888)

Son père, instituteur de Narbonne monté à Paris, prit en charge son éducation, et il obtint son bac à 16 ans.

Il se passionna à la fois pour les sciences (proposant toute une série d’inventions ayant trait au télégraphe, au futur phonographe, à la photographie des couleurs...), et pour la poésie. Mais il n’obtint de son vivant de véritable reconnaissance ni dans l’un ni dans l’autre de ces domaines, et mourut dans la misère.

Il fréquenta les divers cafés et cercles littéraires de l’époque, ainsi que le salon de Nina de Villard qui fut sa maîtresse pendant 9 ans. Mais on l’y connaissait surtout pour ses monologues, dont Le Hareng saur. Il les récita lui-même au Chat noir.

Biographie

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Charles Cros, né à Fabrezan (Aude), descendant d’une lignée de professeurs, personnage hors du commun, autodidacte de génie qui fut également attiré par la littérature et par la science.
Sa famille s'installe à Paris en 1844. Le jeune Charles ne fréquenta ni l'école ni le lycée. Bachelier en 1858, il aura fait son éducation encyclopédique et anarchique sous la direction de son père, aidé de quelques amis.
En 1860, il entre comme surveillant à l’Institution des sourds-muets, où il étudie la voix humaine, et commence des études de médecine qu’il ne tarde pas à abandonner.

À partir de ce moment-là, sa vie mondaine et sa carrière de chercheur sont intimement mêlées.
Il travaille à la conception d’un télégraphe automatique, qu’il présente à l’Exposition universelle de 1867, et envoie une note à l’Académie des sciences sur un projet de système de «reproduction des couleurs, des formes et des mouvements».

Parallèlement, entre 1872 et 1885, il apparaît dans tous les groupes de bohème littéraire plus ou moins marginaux.
En 1868, il est introduit dans les milieux littéraires par Nina de Villard qui sera sa maîtresse jusqu’à son mariage avec Mary Hjardemaal, en 1878, de qui il aura deux fils. Il fréquente alors les jeunes poètes du Parnasse, les Hydropathes, les «phalanstériens de Montmartre», le Chat-Noir, les «vilains bonshommes», le café artistique de la Nouvelle Athènes et d’autres cercles aussi pittoresques qu’éphémères, et collabore à des revues, telle l'Artiste dans laquelle dès 1869, il fait ses débuts poétiques; il y publie Moyens de communication avec les planètes, collabore à La Parodie et au Second Parnasse contemporain. Ses amis s’appellent Verlaine, Coppée, Villiers de L’Isle-Adam, Richepin, Germain Nouveau et Rimbaud, qu’il accueille à Paris en le logeant quinze jours chez lui pendant la Commune de Paris en septembre 1871. De ces fréquentations, il gardera toujours le goût d’une vie désordonnée.
Après un voyage en Italie, il publie une Théorie mécanique de la perception en 1872 et son premier recueil de poèmes, «le Coffret de santal» en 1873. La même année il fonde La Revue du monde nouveau, qui ne sortira que trois fois.
En 1874, ami de plusieurs impressionnistes, il publie le Fleuve illustré par des eaux-fortes de Manet.
En 1876, la publication des Dixains réalistes lui vaut l'hostilité d'Anatole France. Il écrit aussi des monologues pour le comédien Coquelin Cadet, genre qu’il renouvelle.
L'année suivante, en 1877, il adresse à l’Académie des sciences un pli relatif au principe de l’enregistrement des sons et toute une série de notes au sujet du phonographe et de la photographie des couleurs.
En 1879, il obtient un prix de l’Académie française, faible récompense pour ses travaux littéraires, et touche de l’État une indemnité au titre des arts et des lettres.

Toujours partagé entre la science et la littérature, il fonde, en 1883, le nouveau cercle des Zutistes. Huysmans le cite dans À rebours. Cependant, sa vie de bohème, l’absinthe aidant, altère sa santé, et des années de difficultés morales, physiques et financières surviennent. À partir de 1886, il sombre dans l'alcoolisme et la misère.
En 1888, il publie son dernier ouvrage, la Vision du grand canal royal des Deux-Mers. Le 9 août de cette même année, Charles Cros meurt inconnu et misérable, laissant non publiée la majeure partie de son œuvre, qui ne sera éditée qu’en 1908, sous le titre «Le Collier de griffes», grâce à son fils Guy.
Cet homme, intéressé autant par les langues orientales que par les sciences physiques et mécaniques, fantaisiste, spécialiste du monologue cocasse, vécut en marge de la société de son temps n’ayant pas été admis par elle. Il ne fut pas reconnu comme inventeur, victime qu’il fut de la rivalité de Ducos de Hauron, en ce qui concerne le procédé photographique de reproduction en couleurs, et du succès d’Édison, qui ne découvrit pourtant qu’après lui le principe du phonographe. Comme poète de l'absurde et de la solitude, il ne connut la réussite que tardivement; il la dut aux surréalistes qui virent en lui un précurseur: André Breton l'appela l'«inventeur perpétuel».
Charles Cros reste un poète isolé, n’appartenant à aucune école, ni parnassien, ni symboliste, ni décadent; un poète qui passe de l’ironie («Le Fleuve») et de l’humour («Le Hareng saur», «Jeune Fille de caboulot») à l’absurdité («Révolte») et à l’angoisse la plus profonde («L’Heure froide»), sans laisser d’être précieux et sensuel («Distrayeuse», «Sultanerie»).

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Charles Cros (Fabrezan, Aude, 1er octobre 1842 – Paris, 9 août 1888) était un poète et inventeur français.

Passionné de littérature et de sciences, il fut un temps, de 1860 à 1863, professeur de chimie à l'Institut parisien des Sourds-Muets, avant de se consacrer à la recherche scientifique. En 1869, il présenta à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie. Il étudia également des améliorations à la technologie du télégraphe: il avait présenté à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique.

 

Le paléophone
En avril 1877 surtout, il formulait le principe d'un appareil de reproduction des sons qu'il nomma paléophone. Son document, présenté à l'Académie des sciences, suggérait que les vibrations sonores pouvaient êtres gravées dans du métal à l'aide d'un crayon rattaché à une membrane vibrante, et que, par la suite, en faisant glisser un stylet rattaché à une membrane sur cette gravure on parviendrait à reproduire le son initial. Avant que Charles Cros n'eût la possibilité de suivre son idée voire de construire un prototype, Thomas Edison, aux États-Unis, mettait au point le premier phonographe. Les deux hommes ne connaissaient pas leurs travaux réciproques.


Poésies
Son œuvre de poète, brillante également (une des sources d'inspiration du surréalisme, et depuis rééditée en Pléiade) a été ignorée par son époque tout autant. Il le résume amèrement dans ce poème caractéristique :


Je sais faire des vers perpétuels. Les hommes
Sont ravis à ma voix qui dit la vérité.
La suprême raison dont j’ai fier, hérité
Ne se payerait pas avec toutes les sommes.

J’ai tout touché : le feu, les femmes et les pommes ;
J’ai tout senti : l’hiver, le printemps et l’été ;
J’ai tout trouvé, nul mur ne m’ayant arrêté.
Mais Chance, dis-moi donc de quel nom tu te nommes ?

Je me distrais à voir à travers les carreaux
Des boutiques, les gants, les truffes et les chèques
Où le bonheur est un suivi de six zéros.

Je m’étonne, valant bien les rois, les évêques,
Les colonels et les receveurs généraux
De n’avoir pas de l’eau, du soleil, des pastèques.

Il publia ses premiers poèmes dans le Parnasse contemporain et fréquenta les cercles et cafés littéraires de la bohème de l'époque (Cercle des poètes Zutistes — qu'il avait créé —, Vilains Bonhommes, Hydropathes), ainsi que le salon de Nina de Villard qui fut sa maîtresse jusqu'en 1877. Mais s'il était connu, en vérité, c'était pour ses monologues, dont le plus connu est Le Hareng saur, qu'il récitait lui-même dans des cabarets parisiens comme le Chat noir.

En son honneur a été créée l'Académie Charles-Cros qui récompense chaque année les meilleurs disques.


Poèmes célèbres mis en musique
Sidonie (Triolets fantaisistes - Recueil Le Coffret de santal), interprété par Brigitte Bardot, mis en musique par Jean-Max Rivière et Yani Spanos pour le film Vie privée de Louis Malle en 1962, super 45 tours, EP, Barclay 70.436 paru le 8 février 1962 :
Sidonie a plus d'un amant,
Qu'on le lui reproche ou l'en loue,
Elle s'en moque également,
Sidonie a plus d'un amant.

Berceuse (recueil Le Coffret de santal), interprété par Juliette Gréco, mis en musique par Yani Spanos pour l’album Complainte amoureuse, 33 tours, LP, Philips 849.457 BY paru en octobre 1969 :
Endormons-nous, petit chat noir,
Voici que j'ai mis l'éteignoir
Sur la chandelle.
Tu vas penser à des oiseaux
Sous bois, à de félins museaux…
Moi, rêver d'Elle.


Œuvres
Le Coffret de santal (1873, augmenté en 1879)
Le Fleuve (1874)
La Vision du Grand Canal des Deux Mers (1888)
Le Collier de griffes (posthume, 1908)
Plainte (1873)