Malgré tout
Je sens la bonne
odeur des vaches dans le pré ;
Bétail, moissons, vraiment la richesse étincelle
Dans la plaine sans fin, sans fin, où de son aile
La pie a des tracés noirs sur le ciel doré.
Et puis, voici
venir, belle toute à mon gré,
La fille qui ne sait rien de ce quon veut delle
Mais qui est la plus belle en la saison nouvelle
Et dont le regard clair est le plus adoré.
Malgré
tous les travaux, odeurs vagues, serviles,
Loin de la mer, et loin des champs, et loin des villes
Je veux lavoir, je veux, parmi ses cheveux lourds,
Oublier le regard
absurde, absurde, infâme,
Enfin, enfin je veux me noyer dans toi, femme,
Et mourir criminel pour toujours, pour toujours !
Caresse
Tu mas pris
jeune, simple et beau,
Joyeux de laurore nouvelle ;
Mais tu mas montré le tombeau
Et tu mas mangé la cervelle.
Tu fleurais les
meilleurs jasmins,
Les roses jalousaient ta joue ;
Avec tes deux petites mains
Tu mas tout inondé de boue.
Le soleil éclairait
mon front,
La lune révélait ta forme ;
Et loin des gloires qui seront
Je tombe dans labîme énorme.
Enlace-moi bien
de tes bras !
Que nul ne fasse ta statue
Plus près, charmante ! Tu mourras
Car je te tue et je me tue. 