Réconciliation
Jai fui
par un soir monotone,
Pardonne-moi ! Je te pardonne,
Mais ne me parle de personne.
Il ma
trompée avec sa voix,
Il ma menée au fond des bois ;
Mais aujourdhui, je te revois.
Ne parle
de personne, chère !
Respirons la brise légère
Et loubli de toute chimère.
Oui, loubli
! tu dis vrai. Le jour
Finit rose pour mon retour ;
Je te dois cette nuit damour.
La nuit
damour est toute prête ;
Nous avons du vin pour la fête
Et la folie est dans ma tête.
Ta chambre
est chaude comme avant
Et lon entend le bruit du vent
Qui nous endormait en rêvant.
Tu me parais
encor plus belle ;
Plus fièrement ta chair rebelle
Gonfle ton corsage en dentelle.
Tu deviens
pâle, mon ami !
Viens dans le lit ; noyons parmi
Nos baisers ton cur endormi.
Mais jai
perdu mon cur en route ;
Mon sang est tombé goutte à goutte
Et ma chair triste sest dissoute.
Hélas
! à chaque vêtement
Que tu quittes, mon doux amant,
Je vois tes os gris seulement.
Pouvais-je
te laisser seulette
Au lit ? Voici la nuit complète.
Oh ! Va-ten loin de moi, squelette !
Cest
que, vois-tu, jai bien souffert,
Jétais comme un héros de fer.
Hors de tes bras cétait lenfer.
Va-ten
! oh ! tout mon corps frissonne !
Ne me parle plus de personne.
Entends comme mon crâne sonne.
Tu las vidé
par tes péchés ;
Mes os sont bien mal attachés,
Nous serons mieux étant couchés.
Jégrène
toutes mes vertèbres
Et toi, blanche dans les ténèbres,
Tu meurs de mes baisers funèbres.
Tes regards furent
imprudents ;
Tu meurs de mes baisers ardents
Sans lèvres autour de mes dents.
Te voilà
morte, blanche et rose,
Jai souffert : ma souffrance est close ;
Tout martyr enfin se repose.. 