.Inscription
Mon âme est comme un ciel
sans bornes ;
Elle a des immensités mornes
Et dinnombrables soleils clairs ;
Aussi, malgré le mal, ma vie
De tant de diamants ravie
Se mire au ruisseau de mes vers.
Je dirai donc en ces paroles
Mes visions quon croyait folles,
Ma réponse aux mondes lointains
Qui nous adressaient leurs messages,
Éclairs incompris de nos sages
Et qui, lassés, se sont éteints.
Dans ma recherche coutumière
Tous les secrets de la lumière,
Tous les mystères du cerveau,
Jai tout fouillé, jai su tout dire,
Faire pleurer et faire rire
Et montrer le monde nouveau.
Jai voulu que les tons,
la grâce,
Tout ce que reflète une glace,
Livresse dun bal dopéra,
Les soirs de rubis, lombre verte
Se fixent sur la plaque inerte.
Je lai voulu, cela sera.
Comme les traits dans les camées
Jai voulu que les voix aimées
Soient un bien, quon garde à jamais,
Et puissent répéter le rêve
Musical de lheure trop brève ;
Le temps veut fuir, je le soumets.
Et les hommes, sans ironie,
Diront que javais du génie
Et, dans les siècles apaisés,
Les femmes diront que mes lèvres,
Malgré les luttes et les fièvres,
Savaient les suprêmes baisers 