Quatorze vers
à Victor Hugo
Ayant tout dit ayant
donné toutes les preuves,
Ayant tout remué, mers, monts, plaines et fleuves,
Dans ses rimes dairain éternellement neuves
Ayant, toutes, subi les mortelles épreuves,
Le vieux Poète
doit recevoir aujourdhui,
Sans laisser deviner son olympique ennui,
Les lauriers, lolivier quon a coupé pour lui
Dans notre douce France où son génie a lui.
Ne craignons pas,
rameaux en mains, musique en tête,
De troubler son repos par la bruyante fête,
Puisque cet homme est bon, encor plus que poète.
Et comme, en souriant,
toi seul tendais les bras
Aux vaincus poursuivis, traqués comme des rats,
Je crois, Victor Hugo, que tu nous souriras.
26 février
1882. 