| En lhonneur
de ses contributions scientifiques, le nom de pascal a été
donné à lunité de pression du système
international, à un langage de programmation et à la loi
de Pascal (un principe important dhydrostatique) et, comme mentionné
ci-dessus, le triangle de Pascal et le pari de Pascal portent toujours
son nom.
LUniversité Clermont-Ferrand II a été baptisée à son nom. Au Canada, un concours annuel de mathématiques est appelé en son honneur « Concours Pascal » qui est ouvert à nimporte quel élève du Canada de moins de 14 ans et en 9e au plus. |
| Le
développement de la théorie des probabilités est
la contribution de Pascal la plus importante en mathématiques.
À lorigine appliquée au jeu, elle est aujourdhui
utilisée dans les sciences économiques, particulièrement
en science actuarielle. John Ross écrit :
« La théorie des probabilités
et les découvertes qui la suivent ont changé la manière
dont nous considérons lincertitude, le risque, la prise
de décision, et la capacité dun individu ou de la
société dinfluencer le cours dévénements
futurs ». |
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En littérature, Pascal est considéré comme un des auteurs les plus importants de la période classique française et il est lu aujourdhui en tant quun des plus grands maîtres de la prose française. Son utilisation de la satire et de lesprit a influencé des polémistes postérieurs. On se souvient bien de la teneur de son travail littéraire à cause de sa forte opposition au rationalisme de René Descartes et de laffirmation simultanée que lempirisme philosophique était également insuffisant pour déterminer des vérités majeures. Barbey dAurevilly voit en Pascal un « Hamlet du catholicisme ». Baudelaire le paraphrase et lui consacre son poème « Le gouffre ». Une discussion à propos de Pascal occupe une place importante dans le film Ma nuit chez Maud du réalisateur français Eric Rohmer. La méditation pascalienne sur le divertissement trouve un prolongement dans le roman de Jean Giono, Un roi sans divertissement (1947). Giono emprunte le titre et la dernière phrase du livre à un passage des Pensées (fragment 142 de lédition Brunschvicg) : « Un roi sans divertissement est un homme plein de misères ». Sur Emmanuelle, dans son livre Vivre, à quoi ça sert ? (éditions Jai Lu) sappuie sur quelques principes de la pensée pascalienne qui fut un guide pour elle, tout au long de sa vie. |
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Traité de la roulette Le Traité de la Roulette est un ouvrage écrit en 1659 par Blaise Pascal, sous le nom de plume Dettonville. En 1658, Pascal a 35 ans, et a déjà renoncé à faire une carrière scientifique depuis 1654. Néanmoins sous le pseudonyme de Dettonville, il va proposer un challenge : trouver un certain nombre de propriétés de la cycloïde, autre nom de la roulette, courbe déjà étudiée par Roberval. Après que Wren en 1658 eut effectué la rectification de la cycloïde, Pascal publiera très vite les challenges d'octobre 1658, puis le livre la Théorie de la Roulette, en janvier 1659. Cet ouvrage est considéré comme un des derniers traités de Géométrie des Indivisibles, intermédiaire entre la méthode des indivisibles de Cavalieri et le calcul infinitésimal créé par Newton (théorie des fluxions, 1669) et par Leibniz, sous sa forme plus moderne (1684). Ce Traité approfondit encore un peu le travail de Torricelli, dont il a la clarté d'expression. Mais déjà Wallis (analysis infinitorum 1654), Barrow (enseignant de Newton en 1661), Wren (fondateur de la Royal Society en 1660) sont sur la même voie et Gregory va revenir de Bologne (1664-1668). La Géométrie des Indivisibles va céder la place à l'analyse. Mais l'ingéniosité combinatoire de ce Traité de la Roulette ravit. Le Traité
de la Roulette 1/. Lettre de Mr Dettonville
à Mr de Carcavi Les 18 propositions sont les neuf problèmes de Juin et les neuf d'Octobre : Soit une demi-arche de roulette d'Arc OS (avec O(0 ; 0) ; S(Pi.a ; 2a)). H le point (Pi.a ; 0), qui forme donc le triligne rectangle. L'aire OSH a été évaluée par Galilée (1592) (par pesée!) : 3/2 disques générateurs, enfin calculée par Roberval(1634) à l'aide de la fameuse "courbe auxiliaire" (y = sin x, dit en termes modernes); retrouvée par Torricelli ensuite (cf l'enquête très soignée de Jean Itard, du centre Koyré, sur l'antériorité de Roberval). Pascal coupe la figure d'un trait horizontal, partant du point courant P, coupant le demi-cercle de diamètre SH en M, et le segment SH en Y, l'axe des ordonnées en Y'. Bien sûr, PM = arc MS, ce qui est la propriété caractéristique de la roulette. Les 9 Propositions de Juin sont : Aire PYS; X & Y du barycentre
de cette aire. Volume du solide engendré
; X & Y de son barycentre. Volume du solide engendré
; X & Y de son barycentre. Rectification de l'arc MS
; X & Y de son barycentre. aire de la surface engendrée
; X & Y de son barycentre. aire de la surface engendrée ; X & Y de son barycentre. Les Traités T1,2,4 sont novateurs. T3,6 reprennent Guldin(1637?). T5 explicite T4 via T2. Enfin, T7 articule le tout Le Traité T2 est considéré par Émile Picard comme un chef-d'uvre. Le Traité
de la Roulette 1/. Lettre de Mr Dettonville
à Mr de Carcavi Les 18 propositions sont les neuf problèmes de Juin et les neuf d'Octobre : Soit une demi-arche de roulette d'Arc OS (avec O(0 ; 0) ; S(Pi.a ; 2a)). H le point (Pi.a ; 0), qui forme donc le triligne rectangle. L'aire OSH a été évaluée par Galilée (1592) (par pesée!) : 3/2 disques générateurs, enfin calculée par Roberval(1634) à l'aide de la fameuse "courbe auxiliaire" (y = sin x, dit en termes modernes); retrouvée par Torricelli ensuite (cf l'enquête très soignée de Jean Itard, du centre Koyré, sur l'antériorité de Roberval). Pascal coupe la figure d'un trait horizontal, partant du point courant P, coupant le demi-cercle de diamètre SH en M, et le segment SH en Y, l'axe des ordonnées en Y'. Bien sûr, PM = arc MS, ce qui est la propriété caractéristique de la roulette. Les 9 Propositions de Juin sont : Aire PYS; X & Y du barycentre
de cette aire. Volume du solide engendré
; X & Y de son barycentre. Volume du solide engendré
; X & Y de son barycentre. Rectification de l'arc MS
; X & Y de son barycentre. aire de la surface engendrée
; X & Y de son barycentre. aire de la surface engendrée ; X & Y de son barycentre. Les Traités T1,2,4 sont novateurs. T3,6 reprennent Guldin(1637?). T5 explicite T4 via T2. Enfin, T7 articule le tout Le Traité T2 est considéré par Émile Picard comme un chef-d'uvre. Analyse du Traité,
notations C. pour Costabel et Quadrature
de la Roulette Reprendre la figure précédente.
Problème : doit-on
écrire ß YM ou bien comme Torricelli et Pascal ß
YM . YY, ce qui dans l'écriture de Leibniz deviendra :
L'art de décompter l'abscisse du barycentre est le barycentre des abscisses. Pascal appelle cela, faire une somme triangulaire µ. On peut d'ailleurs décaler l'origine.
Vérifier en appliquant le théorème de Guldin à la sphère et à la boule (énoncés de T4,T5 & T6). On pourra aussi, en regardant la table de Pythagore avec le même gnomon, trouver que (ß n)² = ß n³ : c'est aussi un classique. les sommes pyramidales
On place à la cote z= 1 le cube A, à la cote z=2, 4 cubes B à la cote z=3, 9 cubes C On construit ainsi une belle pyramide. (prendre des couleurs graduées en z produit un joli effet ; ce sont des objets bien connus en architecture, mais j'ai oublié leur nom : Pantènes ?) Evidemment cette pyramide a comme plan de symétrie le plan x=y. L'ensemble des éléments de ce plan diagonal est cette fois, la somme moment µ (la dessiner pour s'en convaincre, sinon prendre des cubes!). Comme précédemment Dettonville prend la moitié de la pyramide, AVEC le plan de symétrie, et appelle cela la somme pyramidale (þ) Dettonville obtient donc : 2 .(þ) - (µ) = 1².A + 2².B + 3².C + 4².D +5².E, Pour comprendre Pascal, « il faut rester à manipuler ces cubes, jusqu'à en être convaincu ». (Ceci est l'essence de ce qu'a voulu écrire Pascal : Voir & Conclure. D'ailleurs c'est le titre d'un de ses livres : l'esprit de géométrie et l'art de convaincre. Il y a là une "certaine" beauté esthétique, proche du style du "parfait" cathare, beauté sans doute pas étrangère au jansénisme de Pascal). Application directe : prendre
pour chiffre le numéro des lettres. En déduire à
nouveau S n³. Les divisions
égales, les ordres
Soit 16 pailles de diamètre égal à la période spatiale du râteau. Étaler les seize pailles côte à côte, et éventuellement avec une petite entretoise de guidage, les translater aisément en ratissant. Cela est un moyen très VISUEL de calculer des aires, façon Dettonville. Exemple : Découper un disque en carton. Avec celui-ci, dessiner une demi-arche de cycloïde. Y poser les pailles. Ratisser les pailles à gauche. Introduire le cercle directeur en carton selon SH. Ramener les pailles en ratissant à droite : la preuve expérimentale est faite : Aire = (aire du rectangle - aire du demi-cercle, A1), soit 3 A1. Après l'avoir montré, il FAUT le démontrer ; mais on est déjà convaincu. Quasiment tous les raisonnements de Dettonville se font à l'aide de ce peigne à myrtilles, qui existe déjà, sans le dire, chez Torricelli : les divisions sont égales sur les côtés du triligne rectangle. Mais aussi une exception : comme Torricelli, il se donne le droit de découper des arcs en longueurs égales, ce qui est plus subtil bien sûr, et exclut le peigne à myrtille. Voilà donc que les indivisibles peuvent se diviser en 32 pailles de demi-diamètre, etc., jusqu'à 1024 (=2^10) minuscules pailles, etc. Il ne reste plus qu'à conclure, une fois cela VISUALISÉ : à la limite n tendant vers l'infini, pour 2^n apilles, il vient que l'aire sous la courbe A = f(1), B = f(2), C = f(3), c'est la somme ß := A+B+C+... Mais Dettonville va plus loin : Dans le calcul exact du Tableau carré de Galilée, il dit que le poids de la diagonale est NÉGLIGEABLE : donc 2µ - ß = 2µ ! le GRAND PAS VIENT d'être franchi : on négligera les termes de "ordre inférieur" : la somme des entiers quand n est très grand sera ~ n²/2 Dans le calcul exact de la Pyramide, le poids total sera 2þ - µ = 2þ ! Ainsi, la somme des cubes sera ~ n^4/4. La notion d'infini < infini² < infini³ dans les polynômes vient d'apparaître au grand jour. C'est la notion d'ORDRE de grandeur, bien plus importante que celle dont on philosophe sur les infinis de Pascal (mais très liée à la morale de Pascal). Le temps des paradoxes des indivisibles n'est pas encore terminé (il faudra un Darboux pour clore le débat!), mais les "bonnes" règles font surface. Bien sûr, Dettonville n'écrira pas pour ses sommes doubles : ßß, et pour ses sommes triples : ßßß, mais il l'a VISUALISÉ. L'aurait-il symbolisé, il eût été le créateur du calculus, d'autant qu'il a compris l'intégration par parties : Le décompte
horizontal ou vertical: intégration par parties [modifier] mais ß PY. YY = ß PX . XX donc ß PX. XX = OS.OH - ß PY'.Y'Y' Leibniz l'écrira plus tard : d(xy) = y .dx + x.dy. Pour l'heure, Dettonville ne fera que s'en servir, avec virtuosité. Donc par rapport à Torricelli qui est le premier à parler en dimensions homogènes en ayant donné une dimension au "dx", Dettonville avance un pas de plus avec ses dx.dx.dx négligeables devant du X.dx.dx, X fini. Et avec ses sommes doubles ou triples et l'intégration par parties.
le caractère clos
(du Cloître)
* Dettonville se limite aux
arcs égaux: pourquoi ? Sans doute parce que l'esprit combinatoire
reste DOMINANT : il préfère calculer comme Archimède
! Et, par ailleurs ses formules triangulaires (µ) et pyramidales
(þ) ne sont valables qu'avec des divisions égales (M. p
52.57 et p114). Merker signale un paradoxe très joli, p131, sur
les paradoxes de Tacquet, recensés par Gardies : on ne peut obtenir
sans ruser la surface de la demi-sphère. Darboux relèvera
lui aussi des paradoxes dans les aires de surfaces bien choisies. Quelques intégrales
du Traité de la Roulette Exercice fondamental : Soit EE' la touchante en P se projetant en XX' : XX'.OP = EE'.PH [ dans nos notations : d(cosa = - (PH./OP).da ]. C'est la seule fois où interviendra la touchante. Ensuite "tout est clos" car la dérivée seconde redonne l'opposée de la fonction [ Rappel : du temps de Pascal, la dérivée n'existe pas !] Exercice 2 : Soit P1 et P2
se projetant en H1 et H2 : ß PH^n .PP = (ß HP^(n-1). HH)
. R :
uniquement de manière
géométrique. Mais il reste que ce type de méthode
consistant à ramener une courbe, la roulette, à une succession
de cercles sera inexploitable en analyse. Et Newton, remarquable géomètre-dynamicien, s'il en fût, n'est-il pas Pascalien sans le savoir, en renonçant au calcul différentiel pour écrire les Principia (cf Principia et Calculus ). Références * Costabel, les secrets de
la roulette, Rev Hist Sc, 15,(1962) |