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Conversion religieuse Dun point de vue biographique, deux influences de base le guident vers sa conversion : le jansénisme et la maladie. En 1646, le père de Pascal sest démis la cuisse en tombant sur la glace, il est soigné par deux médecins jansénistes (La Bouteillerie et Deslandes), disciples de Jean Duvergier de Hauranne (abbé de Saint-Cyran) qui introduisit le jansénisme en France. Blaise parle fréquemment avec eux durant les trois mois du traitement de son père, il leur emprunte des livres dauteurs jansénistes, en particulier enthousiasmé par le Discours de la réformation de l'homme intérieur écrit par Cornelius Jansen en 1628, dont il ressort si vivement marqué qu'il communique son admiration à ses proches, certains affirmant donc que ce fut là la date de sa "première conversion". Il découvre que marcher sur les traces de Copernic et de Galilée pour libérer la physique du poids mort dAristote et de la scolastique nest que la démarche dune vaine raison, impliquée dans la souillure de lhumanité toute entière, et que tout ce génie qui bouillonne en lui ne le conduit quà le divertir dune révélation terrible et rédemptrice. Que signifie un savoir qui ne jette pas lhomme au pied de la Croix ? Dans cette période, Pascal vit une sorte de « première conversion » et commence, au cours de cette année, décrire sur des sujets théologiques. Toute sa famille se met à « goûter Dieu » avec lui. Dès sa dix-huitième année, il subit un mal nerveux qui le laisse rarement un jour sans souffrance. En 1647, une attaque de paralysie latteint au point quil ne peut plus se mouvoir sans béquilles. Il a mal à la tête, des maux de ventre, ses jambes et ses pieds sont continuellement froids et demandent des soins pour activer la circulation sanguine ; il porte des bas trempés dans de leau-de-vie pour se réchauffer les pieds. En partie pour avoir de meilleurs traitements médicaux, il se rend à Paris avec sa sur Jacqueline. Sa santé saméliore mais son système nerveux est perturbé de manière permanente. Dorénavant, il est sujet à une profonde hypocondrie, qui a affecté son caractère et sa philosophie. Il est devenu irritable, sujet à des accès de colère fière et impérieuse, et il sourit rarement. Pascal séloigne de son premier engagement religieux et il vit pendant quelques années ce quil a appelé « une période mondaine » (1648-1654). Ce sont les expériences sur le vide, à la suite des travaux de Torricelli, qui l'occupent pleinement. De 1646 à 1654, il multiplie les expérimentations avec toutes sortes dinstruments. Lune dentre elles, en 1648 lui permet de confirmer la réalité du vide et de la pression atmosphérique et détablir la théorie générale de léquilibre des liquides. Son père meurt en 1651 et Pascal prend possession de son héritage et de celui de sa sur Jacqueline. Cette même année, Jacqueline entre à l'abbaye de Port-Royal de Paris, en dépit de lopposition de son frère. Quand le temps vient pour elle de prononcer ses vux définitifs, il refuse de lui rendre une part de son héritage pour payer sa dot de nonne ; sans argent elle aura une position moins élevée dans la hiérarchie du couvent. Ce nest quen 1653 quil acceptera de lui constituer une dot, au moment où une bulle dInnocent X condamne cinq propositions de Jansénius. Ainsi, Pascal se trouve à la fois riche et libre. Il prend une maison somptueusement meublée, avec beaucoup de domestiques et se fait conduire dans Paris avec une voiture tirée par quatre ou six chevaux. Il passe son temps en compagnie de beaux esprits, de femmes et de joueurs (comme son travail sur les probabilités le montre). Il poursuit un temps, en Auvergne, ses travaux et une dame de grande beauté, quil appelle la « Sapho de la campagne ». À cette époque, il inspire un Discours sur les passions de lamour (qui ne semble pas être de sa main), et apparemment il a médité sur le mariage quil décrit plus tard comme « la plus basse des conditions de la vie permises à un chrétien ». Jacqueline lui reproche sa frivolité et prie pour quil change de vie. Durant les visites à sa sur à Port-Royal en 1654, il montre du mépris pour les affaires du monde mais il nest pas attiré par Dieu. À la fin de 1654, il a un accident sur le pont de Neuilly où les chevaux plongent par-dessus le parapet et la voiture est près de les suivre. Heureusement, lattelage se rompt et la voiture reste en équilibre sur le bord du pont. Pascal et ses amis sortent, mais le philosophe hypersensible, terrifié par la proximité de la mort, sévanouit et reste inconscient. Revenant à lui quinze jours plus tard, le 23 novembre 1654, entre dix heures et demi et minuit et demie, Pascal a une intense vision religieuse quil écrit immédiatement pour lui-même en une note brève, appelé le Mémorial en littérature, commençant par : « Feu. Dieu dAbraham, Dieu dIsaac, Dieu de Jacob, pas des philosophes ni des savants » et quil conclut par une citation du Psaume 119,16 : « Je noublierai pas ces mots. Amen. » Il coud soigneusement ce document dans son manteau et le transfère toujours quand il change de vêtement ; un serviteur le découvrira par hasard après sa mort. Pendant sa vie, Pascal a souvent été considéré par erreur comme un libertin et, plus tard, il a été tenu à lécart comme une personne nayant eu une conversion que sur son lit de mort. Sa croyance et son engagement religieux réactivés, Pascal loge dans le plus ancien des deux couvents de Port-Royal pour une retraite de quinze jours en janvier 1655. Pendant les quatre années suivantes, il fit régulièrement le voyage entre Paris et Port-Royal-des-Champs. Il commence à écrire, immédiatement après sa conversion, son uvre majeure sur la religion, Les Provinciales. Pascal participa aux travaux de traduction en français de la Bible, en utilisant les principes de la Logique de Port-Royal. Pascal est également à lorigine de linvention de la presse hydraulique, basé sur le principe qui porte son nom. On lui doit également linvention du haquet, véhicule hippomobile conçu pour le transport des marchandises en tonneaux. |
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