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Améthystes 1860-1861

Améthystes 1860-1861
7 - Le Rossignol

Vois, sur les violettes
Brillent, perles des soirs,
De fraîches gouttelettes!
Entends dans les bois noirs,
Frémissants de son vol,
Chanter le rossignol.

Reste ainsi, demi-nue,
A la fenêtre; viens,
Mon amante ingénue;
Dis si tu te souviens
Des mots que tu m'as dits,
Naguère, au paradis!

La lune est radieuse;
La mer aux vastes flots,
La mer mélodieuse
Pousse de longs sanglots
De désir et d'effroi,
Comme moi! comme moi!

Mais non, tais-toi, j'admire,
A tes genoux assis,
Ta lèvre qui soupire,
Tes yeux aux noirs sourcils!
C'était hier! je veux
Dénouer tes cheveux.

O toison! ô parure
Que je caresse encor!
Non, tu n'es pas parjure,
Ma belle aux cheveux d'or,
Mon ange retrouvé!
J'étais fou. J'ai rêvé.

Juin 1860.

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