35 - Comme aux âges
naïfs, je t'ai donné mon coeur
Comme aux âges naïfs, je t'ai donné
mon coeur,
Ainsi qu'une ample fleur,
Qui s'ouvre pure et belle aux heures de rosée ;
Entre ses plis mouillés ma bouche s'est posée.
La fleur, je la cueillis
avec des doigts de flamme,
Ne lui dis rien : car tous les mots sont hasardeux
C'est à travers les yeux que l'âme écoute une âme.
La fleur qui est mon
coeur et mon aveu,
Tout simplement, à tes lèvres confie
Qu'elle est loyale et claire et bonne, et qu'on se fie
Au vierge amour, comme un enfant se fie à Dieu.
Laissons l'esprit fleurir
sur les collines
En de capricieux chemins de vanité,
Et faisons simple accueil à la sincérité
Qui tient nos deux coeurs vrais en ses mains cristallines
Et rien n'est beau comme une confession d'âmes
L'un à l'autre, le soir, lorsque la flamme
Des incomparables diamants
Brûle comme autant d'yeux
Silencieux
Le silence des firmaments.