Alfred-Victor,
comte de Vigny.
Poète français, né
à Loches (Touraine)
le 27 mars 1797, mort à Paris
le 17 septembre 1863.
Délicieux Vigny qui d'un vaste poème
Sut tisser la lumière à laquelle on rêva :
Silences murmurés, frisson d'écho suprême,
Prodiges soupirés à la lèvre d'Eva.
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AIMER VIGNY Oui, aimer luvre,
poésie et prose, dune intelligence aiguë, qui ouvre
à lesprit de longues perspectives. Aimer le poète
de lessentiel qui, plus que dautres, répond au mot
de Goethe : « On ne mérite pas le nom de poète tant
que lon nexprime que ses émotions personnelles. celui-là
seul en est digne qui sait sassimiler le monde. » Aimer
lhomme qui, dans une vie triste, avec dignité, a donné
lexemple dun double courage : le courage intellectuel de
la lucidité, le courage de vivre par la bonté. On a dit de Vigny quil fut aussi malheureux après sa mort quil lavait été durant sa vie En effet, comme la dit Loïc Chotard, il eut des « amis maladroits » - et surtout quelques ennemis féroces. En un premier temps, ceux qui laimaient lont idéalisé. Eblouis par le pur poème dEloa où lange féminin de la Pitié se perd en voulant sauver un Lucifer bien séduisant, certains ont « angélisé » son auteur à lexcès : « frère des anges », écrivait lun ; « Chantre des Saints Amours, divin et chaste cygne », disait lautre ; et la charmante Marie Nodier : « Mais vous, poète, vous qui chantez pour les anges, / Votre harpe empruntée aux célestes phalanges ». On raconta même plaisamment que lample manteau dallure militaire dont Vigny senveloppait parfois était destiné à cacher ses ailes Puis on a su que lange avait un corps et un cur et ce que cela comporte naturellement. Plus dure fut la chute, plus perfides les commentaires. Le pire fut, pour Vigny, de devenir la cible du Fouquier-Tinville des bibliothèques, du Grand Inquisiteur des Lettres : Henri Guillemin. Ses attaques, le plus souvent injustes, ont laissé des traces que nont pas encore tout à fait effacées les remarquables travaux qui se sont succédés depuis lors. Le grand public ne lit pas volontiers les ouvrages sérieux, mais il est friand darticles à sensation semés dans la presse, il aime les pamphle |
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Alfred Victor, comte de Vigny est un écrivain, dramaturge et poète français né le 27 mars 1797 à Loches, Indre-et-Loire, et mort à Paris le 17 septembre 1863. Figure du romantisme, contemporain de Victor Hugo et de Lamartine il fréquente le Cénacle il écrit parallèlement à une carrière militaire entamée en 1814 et publie ses premiers poèmes en 1822. Avec la publication de Cinq-Mars en 1826, il contribue au développement du roman historique français. Ses traductions versifiées de Shakespeare s'inscrivent dans le drame romantique, de même que sa pièce Chatterton (1835). Son uvre se caractérise par un pessimisme fondamental, et une vision désenchantée de la société. Il développe à plusieurs reprises le thème du paria, incarné par le poète, le prophète, le noble, Satan et le soldat. Sa poésie est empreinte dun stoïcisme hautain, qui sexprime en vers denses et dépouillés, souvent riches en symboles, annonçant la modernité poétique de Baudelaire, Verlaine et Mallarmé. Alfred de Vigny naît à la fin du XVIIIe siècle, au sein dune famille issue de la vieille noblesse militaire. Après une vie de garnison monotone, où il passe quinze ans dans l'armée sans combattre, il fréquente les milieux littéraires parisiens et notamment le cénacle romantique de Victor Hugo. De 1822 à 1838, il écrit des poèmes, (Poèmes antiques et modernes), des romans, (Cinq-Mars, Stello), des drames (La Maréchale dAncre, Chatterton) et des nouvelles, (Servitude et grandeur militaires) qui lui apportent la célébrité. Après une rupture sentimentale avec Marie Dorval et la mort de sa mère, Alfred de Vigny se retire au Maine-Giraud, son domaine situé en Charente. Il goûte la solitude et veille auprès de sa femme malade et constamment alitée. De retour à Paris, il se mêle de nouveau à la vie politique et littéraire. Il parvient en 1845 à se faire élire, à la cinquième tentative, à l'Académie française. En revanche il échoue à accéder à la députation de Charente en 1848. Sensuivent vingt-cinq années durant lesquelles il vit presque reclus, dans sa tour divoire du Maine-Giraud, avec Mme de Vigny pour seule compagnie, venant rarement à Paris. Il écrit peu, médite et lit beaucoup. Il décède dun cancer de lestomac, après une lente agonie quil supporte avec patience et stoïcisme. Son recueil posthume Les Destinées est publié en 1864. Son Journal est révélé en 1867. |