8 - L'Esprit Parisien
Esprit parisien ! démon
du Bas-Empire !
Vieux sophiste épuisé qui bois, toutes les nuits,
Comme un vin dont livresse engourdit tes ennuis,
Les gloires du matin, la meilleure et la pire ;
Froid niveleur, moulant, aussitôt
quil expire,
Le plâtre dun grand homme ou bien dun assassin,
Leur mesurant le crâne, et, dans leur vaste sein,
Poussant jusques au cur ta lèvre de vampire ;
Tu ris ! Ce mois joyeux
ta jeté trois par trois
Les fronts guillotinés sur la place publique.
Ce soir, fais le chrétien, dis bien haut que tu crois.
À genoux ! roi du mal,
comme les autres rois !
Pour que la Charité, de son doigt angélique,
Sur ton front de damné fasse un signe
de croix.