![]() |
Nicolas Poussin
1595 - 1665
Et l'antiquité ( 2 )
|
«
La nouveauté dans la peinture ne consiste pas dans un sujet encore
non vu, mais dans la bonne et nouvelle disposition et expression, et
ainsi de commun et de vieux, le sujet devient singulier et neuf. »
[ Nicolas Poussin ] |

|
Nicolas Poussin et l'Antiquité Où le lecteur est bien en peine dapprendre quelque chose sur lenfance du peintre
Tout jeune, Poussin bénéficie de lenseignement du peintre Quentin Varin mais, étouffant dans sa province natale, il part pour Paris avec une précipitation suspecte ; Paris où il éprouve rapidement de grandes difficultés. Après une année sabbatique 1614-1615 passée chez ses parents, il repart en 1616 pour Paris qui ne doit être quune étape sur la route de Rome. Où lon voit le peintre tenter datteindre Rome... Après deux échecs pour rallier Rome en 1621, Poussin travaille à Paris, y rencontre le Cavalier Marin qui, enflammé par la « furia » du jeune artiste, le soutient et lui permet dasseoir sa première réputation parisienne avant de rejoindre la Ville Eternelle en 1624. Les deux tentatives avortées pour rejoindre Rome ne manquent pas détonner dautant quune delles sachèvera à Florence. Personne na pu élucider les raisons de cet abandon. Peut-être un problème de santé car Poussin a toujours eu une santé fragile. De cet épisode, il ne souffla mot. Mais les quelques détails épars le montrent à cette époque volontaire, fougueux et bon vivant. Où lon discerne les premières mailles du réseau entourant Poussin... Recommandé au Cardinal Barberini, neveu du pape Urbain VIII arrivé sur le trône de Pierre en 1623, Poussin entre dans Rome en 1624 après un passage à Venise qui marquera profondément sa peinture. Il loge alors à Rome avec un autre peintre français, Stella, litalien Algardi et le sculpteur flamand du Quesnoy.
Poussin, qui sétait appliqué à la géométrie, à la perspective, à loptique et même à lanatomie pratique dans un hôpital (Bellori op.cit.), fit bénéficier du Quesnoy de ses connaissances et ils travaillèrent ensemble sur les proportions. En retour, le sculpteur influença la manière du peintre qui, longtemps après, utilisera encore des modèles de terre cuite pour concevoir ses tableaux, ce qui explique en partie certaines poses hiératiques voire figées de ses personnages. Une autre activité aida Poussin à affiner son style : dès 1627, Dal Pozzo lutilisa lors de ses relevés archéologiques. Poussin, toujours passionné par les sciences, ne put manquer de se passionner pour laffaire Galilée qui captivait lattention de ses contemporains. Galilée avait été le protégé de Maffeo Barberini, futur Urbain VIII, qui ne put le soustraire à linquisition. Galilée fut condamné le jour du solstice dété 1633 et séquestré jusquà sa mort le 8 janvier 1642, muni de la bénédiction papale. Ce pape Urbain VIII, que Poussin naimait pas et qui ne laissera pas un souvenir impérissable comme pape, a néanmoins marqué de son empreinte la vie religieuse et artistique de son temps. Tout dabord, il sopposa très vivement aux jansénistes, interdisant lAugustinus en 1642-1643 et sattirant ainsi le ressentiment de la secte. Parallèlement, et ce nétait pas un hasard, il prit sous sa dépendance le Séminaire de Saint-Sulpice créé à Paris par Monsieur Olier. Il prit une part active à lembellissement de Rome en faisant décorer Saint-Pierre, en bâtissant Castel Gandolfo et en protégeant peintres et sculpteurs. Cest à son exemple que Le Bernin, un de ses protégés, et le Cardinal Francesco Barberini, son neveu, étendirent leur aile sur Poussin arrivant à Rome. |