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| Aujourd'hui, il est
assez étonnant de lire l'admiration sans borne que Corot suscita
de manière constante auprès de la génération
de peintres qui prenait naissance quand il mourut.
Il semble en effet étrange que ces artistes aient pu tenir autant en estime le "Père Corot", alors même que Corot prétendait rester étranger aux développements artistiques naissants, et désapprouvait l'action contestatrice de Monet et des "Indépendants". |
| A partir des années 1930, les historiens de l'art ont essayé d'établir Corot comme le précurseur des Impressionnistes, l'inventeur des paysages baignés de lumière détachés de toute anecdote ou incident sans intérêt. Frappés par ses merveilleuses études
peintes en plein air en Italie, les écrivains Germain Bazin et
Kenneth Clark virent en Corot "le peintre à l'optique parfaite
et au regard innocent" - en bref, le peintre de l'homme sans pensée
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"En parcourant davantage la littérature, on apprend que dans les années 1920-1930, le peintre Jacques Emile Blanche et l'historien Alfred Barr, créateur du Musée d'Art Moderne de New-York, pensaient que l'impact de Corot sur l'art du XXième siécle égalerait celui de Cézanne . Ces vues sont si éloignées de
la conception actuelle sur Corot, comme dernier peintre de l'école
néoclassique, qu'il semble nécessaire de s'interroger
sur son oeuvre, et sa place dans l'histoire de la peinture.
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Comme les oeuvres de ces peintres, et d'autres, devinrent plus connues, Corot fut de plus en plus classé comme le disciple obéissant de Pierre-Henri Valenciennes, le codificateur du paysagisme néoclassique, comme le dernier d'une lignée de peintres continuant de travailler une esthétique ayant pris naissance au 18ième siécle. Cependant, alors que chacun des deux points
de vue contient une part importante de vérité, aucune
classification de Corot -comme le dernier Néoclassique ou comme
le premier Impressionniste - ne suffit à rendre compte de la
totalité de son oeuvre. |
| Par exemple, aucune explication satisfaisante ne rend compte de ses extraordinaires peintures historiques, comme "Agar dans le désert", "Diane surprise à son bain", "Démocrite et les Abdéritains", "Homère et les bergers", qui firent sa renommée en 1840 : le type de peinture qui fit dire à Baudelaire, "à la tête de l'école moderne du paysage se tient M.Corot". Ces oeuvres continuent de déranger les critiques modernes. |
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Aucune des 2 théories ne rend compte convenablement non plus de l'oeuvre de Corot comme portraitiste. Degas estimait que Corot était encore plus grand comme portraitiste que comme paysagiste, et recommanda à ses amis collectionneurs, tels Henri Rouart qui posséda la "Femme en bleu", davantage les portraits de Corot que ses paysages. Mary Cassatt conseilla également aux collectionneurs américains, les Havermeyer, Palmer, Colonel Payne, d'acquérir des portraits de Corot plûtot que des paysages. Encore, ce fut Corot le portraitiste qui impressionna Van Gogh, Gauguin et Cézanne. Dans les années 1910, Juan Gris et Picasso imitèrent des portraits de Corot. L'exposition de ses oeuvres organisée à la Paul Rosenberg & Cie. en 1928 influença profondément le travail d'André Derain et d'André Lhote |
| Aujourd'hui, il est assez étonnant
de lire l'admiration sans borne que Corot suscita de manière constante
auprès de la génération de peintres qui prenait naissance
quand il mourut.
Il semble en effet étrange que ces artistes aient pu tenir autant en estime le "Père Corot", alors même que Corot prétendait rester étranger aux développements artistiques naissants, et désapprouvait l'action contestatrice de Monet et des "Indépendants".
L'extrême touche de modernité
qui remplit la plupart des oeuvres de Monet, l'urbanité instruite
de Degas, la recherche expérimentale sans fin qui caractérisent
ces deux oeuvres paraissent totalement opposées à la vision
contemplative , hors du temps et immuable de Corot - ce que d'aucuns
ont appelé ses "vues monotones de Ville d'Avray" -.
Ces vues sont si éloignées de la conception actuelle sur l'importance de Corot, qu'il semble qu'on se doive de reconsidérer profondément son oeuvre A partir des années 1930, les historiens
de l'art ont essayé d'établir Corot comme le précurseur
des Impressionnistes, l'inventeur des paysages baignés de lumière
détachés de toute anecdote ou incident sans intérêt.
Frappés par ses merveilleuses études peintes en plein
air en Italie, les écrivains Germain Bazin et Kenneth Clark virent
en Corot "le peintre à l'optique parfaite et au regard innocent"
- en bref, le peintre de l'homme sans pensée - Depuis les années 1980, quand Pierre Galassi rapprocha les peintures en plein air de Corot de celles de ses contemporains Michallon, Bertin, Granet, Caruelle d'Aligny, les historiens d'art identifièrent Corot à la génération des peintres qui l'avaient précédé plûtot qu'à celle de ceux qui le suivirent. Comme les oeuvres de ces peintres, et d'autres, devinrent plus connues, Corot fut de plus en plus classé comme le disciple obéissant de Pierre-Henri Valenciennes, le codificateur du paysagisme néoclassique, comme le dernier d'une lignée de peintres continuant de travailler une esthétique ayant pris naissance au 18ième siécle. Cependant, alors que chacun des deux points de vue contient une part importante de vérité, aucune classification de Corot -comme le dernier Néoclassique ou comme le premier Impressionniste - ne suffit à rendre compte de la totalité de son oeuvre.
Mary Cassatt conseilla également aux collectionneurs américains, les Havermeyer, Palmer, Colonel Payne, d'acquérir des portraits de Corot plûtot que des paysages. Encore, ce fut Corot le portraitiste qui impressionna Van Gogh, Gauguin et Cézanne. Dans les années 1910, Juan GRIS er PICASSO imitèrent des portraits de Corot. L'exposition de ses oeuvres organisée à la Paul Rosenberg & Cie. en 1928 influença profondément le travail d'André Derain et d'André Lhote
Aujourd'hui encore Corot continue de poser problème aux historiens d'art et critiques, c'est pourquoi nous avons pensé devoir montrer une rétrospective dans laquelle chacun des aspects de son oeuvre soit pleinement représenté. Nous aurions pu ne montrer que ses tableaux les plus réussis et enchanteurs afin de présenter Corot comme un peintre conséquent et cohérent. Un des traits caractéristiques de Corot, qui apparaît bien dans cette exposition, est son dessin maladroit et ses compositions stéréotypées. Son oeuvre reflète les doctrines en apparence contradictoires du Néoclassicisme, du Romantisme, du Réalisme, du Naturalisme. Quoiqu'il en soit, les artistes de Delacroix à Courbet à Renoir à Picasso, qui connaissaient bien son oeuvre, la tinrent résolument comme majeure. Nous espérons que cette exposition permettra à la nouvelle génération de mieux connaître cette oeuvre et de découvrir par eux-mêmes tout ce que ses tableaux ont à offrir.
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