Les Canyons

ARIZONA:
- LA FORET PETRIFIEE ET LE DESERT PEINT:


Le voyageur qui traverse le parc national de la Forêt Pétrifiée en ne s'intéressant qu'aux troncs d'arbres sort quelque peu déçu de ce pare. C'est qu'il y a beaucoup plus à voir ici. La géologie, la faune et l'archéologie apportent un complément capital à ce parc, où somme toute les 6 forêts pétrifiées ne représentent qu'une infime partie de ces 380km2. L'important est de voir ce parc en fin de journée lorsque enfin le soleil fait de ce désert sans relief une forêt de collines, flamboyant des teintes les plus variées.
Il y a un peu moins de 200 millions d'années, à la fin du Triasique, se trouvait ici une plaine basse et inondable recouverte d'une végétation tropicale ou tout au moins subtropicale avec des fougères et des forêts d'arbres géants hantées d'animaux variés. On a même découvert le fossile d'un animal long de 13,50m correspondant à un animal de près de 10 tonnes, l'un des plus gros du monde à cette époque. Les fréquentes inondations déposaient d'importantes masses de sédiments recouvrant les arbres morts. Ces sédiments, avec le temps formèrent des schistes et des grès qui, agglomérés à des cendres volcaniques, donnèrent naissance à la formation du Chinle, qui constitue la surface géologique du pare. Les violentes précipitations empêchent les plantes de prendre racines et accentuent les phénomènes d'érosion naturelle sur cette tendre formation de Chiale, lui donnant son aspect de Badlands ou, de mauvaises terres. Par endroits, le grès résiste protégé de l'érosion. Ce rôle peut être joué par des troncs d'arbres pétrifiés jusqu'à ce que l'érosion les fasse tomber.

Un peu partout aux Etats-Unis, on rencontre du bois pétrifié, mais ici la densité et la variété sont plus imposantes. Ces arbres géants, millionnaires en années, étaient peut-être cousins des séquoias de la Sierra Nevada, à, moins qu'ils ne fassent des araucarias, d'où le nom d'araucarioxylon qu'on leur a donné.
Ils subirent ainsi ce processus chimique complexe de pétrification qui les rendit éternels: la boue qui les recouvrit au Triasique était pauvre en oxygène, ce qui empêcha leur putréfaction. Par contre, elle était riche en oxyde de silicium provenant des cendres volcaniques dissoutes dans l'eau. C'est ce silice qui imprégna les arbres. En séchant il déposa différents types de quartz. Dans certains cas le tronc primitif a été entièrement " mangé " par le quartz.

Remarque importante: Amende de 100$ si vous emportez un morceau de bois pétrifié du pare.


- GRAND CANYON:


En le créant la nature a ajouté la couleur à la grandeur. La couleur, ce sont des teintes décrivant toutes les variétés du rose à l'orange en passant par les pourpres et les mauves en fonction de l'exposition et l'heure de la journée. La grandeur, c'est un parc national de 4 873km2 protégeant un canyon de près de 450 km de long dont la largeur varie de 1,6 km à 29km et dont la profondeur peut atteindre les 1 600 m. Une oeuvre naturelle que le fleuve Colorado, le principal architecte, a sculpté en moins de 10 millions d'années, dévoilant ainsi des roches vieilles de 2 milliards d'années et créant maints micro-climats.


HISTORIQUE:


En 1539, Charles Quint écarte Cortez, et la grande quête de l'Eldorado des conquistadores espagnols, et nomme Antonio de Mendoza vice-roi de la Nouvelle- Espagne pour découvrir le royaume de l'or ou les sept cités dorées de Cibola, que l'on situe alors dans ce qui est devenu aujourd'hui l'Arizona.

En 1540, après avoir rebroussé chemin à cause des Indiens, Mendoza, souhaitant aboutir enfin, met sur pied une petite armée qu'il confie à Francisco Vasquez Coronado. Parvenus à Hawikuh, village des indiens Zunis que l'on prenait auparavant pour la Cité d'or, Coronado va envoyer des troupes d'éclaireurs dans plusieurs directions. C'est Garcia Lopez de Cardenas qui, guidé par les Indiens, parvient sur les rives du Grand Canyon. Trois de ses hommes essaieront en vain d'atteindre le fond du canyon. Ils demeureront néanmoins pour la postérité les trois premiers Blancs à avoir " excursionné " dans le Grand Canyon.

Après plusieurs tentatives de descente du fleuve Colorado, c'est John Wesley Powell, ancien instituteur, directeur d'école, géologue, qui monte avec 9 compagnons une expédition de 4 bateaux. Ces barques dont la longueur n'excédait pas 6m sont mises à l'eau le 24 mai 1968 sur la Green River, et pendant 98 jours on n'entend plus parler de Powell. On croit déjà l'expédition perdue corps et biens, lorsqu'il surgit au confluent de la Virgin et du Grand Canyon. Powell a perdu un bateau, 4 hommes ont abandonné ( 3 d'entre eux ont été tués après par les Indiens ). Powell recommencera en 1871 avec une véritable expédition scientifique qui va durer plus d'un an et qui va permettre de dresser une carte de la région du Grand Canyon.

GEOLOGIE:


Le Grand Canyon permet de consulter le catalogue de la faune et de la flore de l'Ouest américain sur les 2 derniers milliards d'années, grâce aux différentes couches dévoilés dans les 1 600 m de profondeur qu'il atteint par endroits.
L'ère précambrienne:
Cette période est la plus ancienne que nous ayons pu observer. Elle s'étend entre ces 700 millions et 2 milliards d'années, et correspond au fond du canyon. La roche de couleur sombre est de deux types souvent entremêlés: le schiste de Vichnou, la plus ancienne, et le granite de Zoroastre. Dans la mer originale, des couches de sable, de boue et autres sédiments s'accumulèrent pour former une couche rocheuse. Cette couche fut pressée et pliée par les mouvements de la croûte terrestre pour former des montagnes en même temps que la chaleur et la pression changeaient la composition des roches. La roche fondu coula dans les crevasses, formant dans le fond des granites et des schistes. Epaisses de 400 m et surnommées les "séries du Grand Canyon", ce sont des conglomérats de grès, argiles schisteux et calcaires peu métamorphosés qui forment le premier palier du grand escalier, le plancher principal du fond du Canyon.

L'ère paléozoïque:
Les 1000m suivants permettent, à travers une dizaine de formations successives, la lecture de 350 millions d'année: les trois premières couches brune, gris verdâtre, puis jaunâtre, (couleurs qui résultent de l'accumulation de sédiments apportés par le vent et Peau), correspondent à l'époque cambrienne où elles enfermèrent des coquillages et des débris de plantes.

Les ères ordavicienne et silurienne
sont absentes dues au fait qu'à ces deux époques, le Grand Canyon se trouvait au-dessous du niveau de la mer.

La période mississippienne
a laissé la falaise la plus haute (au moins 150m), de couleur parfois plutôt bleue, parfois plutôt rouge. En effet ce calcaire est parsemé d'oxyde de fer qui provient de la couche supérieure, d'où son nom de " calcaire de Redwall ". Ce calcaire est tendre et s'érode facilement d'où les grottes et les arches que l'on peut remarquer.

La période permienne
a laissé la couche la plus épaisse sur près de 300m, et correspond à des roches d'environ 280 millions d'années (le grès de Supaï). On y trouve des traces d'amphibiens primitifs et de reptiles. Suit ensuite l'argile schisteuse de Hermit sur 150 ni à 200 ni, de couleur rouge brique, et formée par l'agglomération de boue et de matériaux sableux très fins déposés par des fleuves.
Puis le grès de Coconimo, de couleur plus claire, car il renferme des grains de sable blanc, souvenir des dunes d'un désert à l'origine de sa formation.
La mer qui avait désertée la Grand Canyon depuis le début de l'époque permienne fit sa réaparition il y a 250 millions d'années, et ses sédiments forment les deux couches calcaires connues comme la formation de Torowcap (variant entre 40 et 250 ni, et présentant différentes couleurs allant du gris au rouge en passant par le jaune), et le calcaire de Kaibab (de 90 à plus de 240 ni, de couleur plutôt grise).

Les ères mésozoïque et cénozoïque
n'ont guère laissé de roches au Grand Canyon. Mais cette dernière a vu la nature le sculpter.

Cet ouvrage débuta il y a quelque 65 millions d'années. La région se retrouvait alors au-dessus du niveau de la mer. Peu à peu les roches récentes, celles du Mésozoïque, furent balayées par les vents et les eaux pour former un vaste plateau tandis qu'apparurent les mammifères, au nombre desquels des genres de mammouths ou d'éléphants, et des chameaux. Le travail du Colorado lui-même commença il y a 7 millions d'années à la suite d'un soulèvement du plateau vers le nord (cette différence de niveau continue à s'accroître).

Le fleuve que nous voyons aujourd'hui n'est plus celui qu'a descendu le major Powell. Sa physionomie a changé depuis que l'on a mis en service le barrage de Glen Canyon en 1963. S'il continue son action érosive il est loin de charrier autant de matériaux qu'auparavant où 140 millions de tonnes de sédiments le descendaient chaque année et que les grandes inondations apportaient en une journée 27 millions de tonnes de sable, roches et limon. Désormais le volume journalier de sédiments transportés n'est que de quelque 8 000 tonnes.
- MONUMENT VALLEY:
Ce paysage -le plus célèbre des westerns (avec John Ford et La chevauchée fantastique, La charge héroïque et La poursuite infernale)- n'appartient pas au système des parcs nationaux. Il s'agit d'un parc tribal fondé en 1958, et appartenant aux Indiens Navajos qui le préservent jalousement.
GEOLOGIE:
La formation de monuments est la troisième phase d'un long processus d'érosion qui couvrit l'ère cénozoïque. Ici, nous avons affaire à une épaisse couche de grès dur au-dessus d'un lit d'argile schisteuse assez molle. Le tout recouvert par endroits d'une légère couche de lave qui se déposa dans l'ancienne vallée.
Avec un léger plissement de l'écorce terrestre des craquèlements intervinrent, créant progressivement trois types de formation: d'abord les plateaux ou mesas (du terme espagnol signifiant "table"). La croûte terrestre résistant là où se trouve la lave, progressivement l'érosion transforma ces mesas en buttes puis enfin en monuments.

- CANYON DE CHELLY: