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Dunkerque
(beffroi de Saint-Eloi)
DEPUIS deux siècles, le beffroi de Dunkerque est définitivement
séparé de son église, dédiée à
saint Éloi. Construit en brique du pays vers 1450, le beffroi,
tour parfaitement carrée, mincit au fur et à mesure quil
sélève: quinze mètres à la base, huit
mètres au sommet. En 1558, lors du siège de Dunkerque lEspagnol
par les troupes françaises du maréchal de Thermes, un incendie
ravage léglise mais pas la tour qui sert damer pour
les marins et de clocher à léglise. La reconstruction
de celle-ci scelle le divorce avec la tour: un passage voûté
est percé. Il ne cessera de sélargir.
En 1783, la rupture est consommée: la réfection de Saint-Éloi
par Victor Louis lui donne un nouveau péristyle, à son tour
démoli un siècle plus tard, avant que larchitecte
Van Moë ne lui donne la façade néogothique qui est
encore la sienne aujourdhui. Après la Grande Guerre qui a
tant fait souffrir Dunkerque et son église, la municipalité
décide de placer au pied de la tour un monument en hommage aux
enfants morts pour la patrie. En 1923, Raymond Poincaré, chef du
gouvernement, inaugure le cénotaphe renfermant le parchemin où
figurent les noms des 1 500 poilus de Dunkerque. De la plate-forme du
beffroi de Saint-Éloi, le visiteur peut voir sélever
un autre beffroi, communal cette fois: celui de lhôtel de
ville, édifié en 1901.
Hauteur: 58m. Un ascenseur mène au 5e étage, reste
alors à gravir une soixantaine de marches.
Le carillon actuel date de 1962. Il se compose de 48 cloches.
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