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Toutes voiles dehors
Tirée par quatre albatros immaculés ?


Où sont les rames que je m’en aille ?
Là où je vais
Je n’ai nul besoin de mes cannes
Là où je vais, je n’aurai besoin de rien.
Rien pour nulle part,
C’est parfait.
Je veux juste partir
Le plus loin possible sans revenir
Sans regarder en arrière
De peur de regretter mes pairs.
Là où je vais, il n’y aura pas de larme
Seul l’infini
Seul l’horizon
Seule ma bien mauvaise compagnie
Seule ma déraison
M’empêcheront de rêver.
Ne pas m’assoupir
Pour ne pas partir
Dans des mondes qui n’existent plus
Rêver des heures qui ne seront plus.
M’empêcheront de penser
Ou de me projeter
Dans cet avenir qui ne sera pas.
Je le vois là-bas, tout là-bas
La brume le cache mais il est là.
Le bout du monde,
L’oubli, l’utopie.
Le fond bleu de ma barque
A absorbé mon regard,
Mes yeux,
Et le bonheur qui s’y trouvait.
Ni le froid,
Ni les lames,
Ni le sel,
Ni le soleil,
Ne m’empêcheront
De noyer ces larmes
Qui couvent
Qui débordent.
Il va falloir que j’écope !
Là je suis roi,
L’océan est à moi,
Au moins lui, ne partira pas !
Elles sont bien loin mes amarres,
Larguées comme un regard perdu
Reflet d’un cœur éperdu.
Il est bien loin ce temps
Où je ne quittais jamais la côte de vue
C’était juste avant.
J’ai ramé, ramé, ramé,
Jusqu’à ne plus sentir mes membres
Jusqu’à ne plus voir la moindre parcelle de vie
Ou de terre.
Je peux à présent abandonner mes rames
Je ne compte pas faire demi-tour.
J’attends la dérive,
Le hasard ?
Le destin ?
La fatalité ?
C’est à peu près tout ce qui dirige nos vies.
J’attends las et patiente.
Je ne veux pas qu’elle s’arrête cette dérive.
Mais j’ai peur de m’y complaire…
Et de m’enfermer là où personne
Ne viendra me chercher.
Pourrai-je seulement lire dans les étoiles
Où elle me conduira ?
©Lysdesneiges/2002