Louxor
et sa rive occidentale

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Baptisée par Homère la ville aux cent portes, tant était grand le nombre de ses temples aux entrées monumentales, la ville de Louxor est édifiée sur l'ancienne cité antique de Thèbes fondée il y a quatre millénaires. Son nom vient du mot arabe el-qusur (forteresse, palais ou châteaux selon les guides) qui dérive du mot romain castrum. A l'origine, le nom égyptien était Waset ou Ouaset, dérivé du mot was qui signifie le sceptre, symbole du pouvoir surnaturel des dieux. Le nom de Thèbes date de l'époque grecque. Il laissera la place à celui de Diospolis Magna utilisé au cours de la période ptolémaïque et romaine. Située à 687km au sud du Caire, la ville est divisée en trois zones : la cité proprement dit, le village de Karnak à deux kilomètres au nord-est, les nécropoles et monuments funéraires de Thèbes sur la rive occidentale du Nil. L'ensemble forme un véritable musée en plein-air qui n'a pas d'équivalent ailleurs dans le monde. Vivant Denon, qui comptera parmi les scientifiques emmenés par Bonaparte lors de sa campagne d'Egypte, écrira : «Cette ville, dont une seule expression d'Homère nous a peint l'étendue, cette Thèbes aux cent portes, phrase poétique que l'on répète avec confiance depuis tant de siècles, cette ville était encore un fantôme si gigantesque pour notre imagination que l'armée napoléonienne, à la vue des ces ruines éparses, s'arrêta d'elle-même. Par un mouvement spontané, on battit des mains». Les vestiges, largement enfouis sous les sables, ont été dégagés et réhabilités par Maspero à partir de 1883. Le bourg, qui ne comptait que onze mille âmes en 1900, est aujourd'hui une ville de 150.000 habitants qui vit essentiellement que des revenus du tourisme. Elle dispose d'une autonomie administrative unique en Egypte. Disposant d'un aéroport international qui connaît un important trafic, Louxor constitue souvent le point de débarquement des touristes en Egypte. Les croisières sur le Nil, presque toujours d'une semaine, partent de cette ville pour rejoindre Assouan situé au Sud. Il faut compter un minimum de deux jours pour assurer le programme minimum de visites. De ce fait, la plupart des voyagistes inscrivent une première visite avant le départ de la croisière et réservent deux journées au retour pour la suite du programme. Les visiteurs indépendants ont fortement intérêt à consacrer une ou deux journées supplémentaires à cette ville. En effet, les visites en groupe ne font qu'effleurer certains hauts lieux, notamment les Vallées des Rois et des Reines, d'autres sont tout simplement oublier, faute de temps. Consacrer deux journées à Louxor et à ses environs revient à ne réserver qu'une demi-journée à la visite du Musée du Louvre à Paris. On aura vu le plus important, sans doute dans les plus mauvaises conditions, en passant peut-être à coté de l'essentiel. Les conditions de sécurité paraissent aujourd'hui satisfaisantes pour entreprendre seul certains déplacements. Les cicatrices du massacre de touristes perpétré au temple d'Hatshepsout, en 1997, sont aujourd'hui refermées. Histoire
Entièrement bâtie en brique crue, la cité comptera jusqu'à un million d'habitant. Capitale d'un empire qui étendra ses frontières qu'aux rives de l'Euphrate, Thèbes va devenir pendant six siècles un immense entrepôt qui amoncellera les richesses placées sous la responsabilité du clergé du temple d'Amon, dieu de la cité. Les religieux administreront un district qui comptera 65 villages, 2000km² de terres, environ 500.000 animaux ainsi que de nombreux ateliers et chantiers navals. Le déclin interviendra sous
la XXème dynastie (XIIème et XIème siècle
avant Jésus-Christ). Les pharaons de la XXIème dynastie
seront contraints de quitter Thèbes pour s'installer plus au
Nord, à Tanis, afin de mieux coordonner leur armée qui
devait faire face à de nombreuses incursions ennemies. Les souverains
de la XXIIème dynastie s'installeront à Bubastis et les
suivants à Saïs. Réhabilitée sous le règne
des rois nubiens de la XXVème dynastie, Thèbes sera ensuite
définitivement abandonnée, mise à sac et détruite
par les envahisseurs Syriens conduits par le fameux Assourbanipal, en
665 avant Jésus-Christ. Le pharaon Taharqa quittera l'Egypte,
laissant derrière lui une ville de Thèbes qui ne conservera
que ses temples et monuments. |