Le roi souverain met en place une
religion officielle, en rupture avec les cultes traditionnels de l'Egypte,
qui donnera naissance à de nouvelles mises en scène.
Les relations entre le pharaon
et les dieux étaient jusqu'alors représentées
par une composition symétrique autour d'un axe vertical. Les
protagonistes se faisaient face, échangeant cadeaux et bienfaits
ou s'embrassant.
Dans le nouvel art, la composition
devient réaliste. Le dieu solaire Aton est représenté
surmonté d'un disque placé dans le ciel. Il communique
avec tous les membres de la famille royale grâce à de
petites mains situées à l'extrémité de
ses rayons. La prospérité et l'intimité de la
famille royale garantissent l'équilibre de l'empire.
Cette représentation collective
innove par le nombre et l'attitude des personnages. Nefertiti est
assise sur les genoux du roi, les enfants jouent avec leurs parents.
Les relations affectives entre les membres de la famille royale expriment
des embrassades, cadeaux et caresses.
Les tombes des courtisans sont
décorées de scènes de la famille royale qui se
rend au temple d'Aton sur un char. Elles représentent de nombreux
personnages qui forment une foule. Les traits du roi seront érigés
en canons de la beauté par les artistes officiels. Ils manifesteront
plus de réalisme dans le mouvement et les attitudes des sujets
et seront plus soucieux du détail dans la réalisation
de certaines parties du corps. Ils mettront à profit la technique
du relief dans le creux pour renforcer l'impression de volume.
Les conventions traditionnelles
conserveront la vue de profil pour le dessin. La ville, construite
dans des délais rapides par des artisans pas toujours expérimentés,
renfermera de nombreux bâtiments et bas-reliefs mal exécutés.
Le sculpteur Thoutmès, d'Amarna,
est l'auteur du buste de Nefertiti conservé à Berlin
et des bustes du roi et d'une princesse conservés au Louvre.
Les arts décoratifs amarniens,
constitués d'objets de verrerie et de faïence d'une grande
qualité, n'hésitent pas à produire des oeuvres
composites telles des statues de bois aux coiffures de faïence
et des murs décorés de carrelages et d'incrustations.
Les décors du mobilier et la bijouterie deviennent sophistiqués.
L'or est coloré de rose. Certains bas-reliefs peints, sculptés
sur des plaquettes d'ivoire, ornent les meubles.
L'architecture amarnienne connaîtra
également de nombreuses innovations. Les temples comprendront
des suites de cours à ciel ouvert qui servaient de lieu de
repos et de restauration au dieu solaire Aton. Le linteau des portes
était coupé en son milieu pour que le roi reste au contact
des rayons du soleil. Il ne reste de la ville que le plan au sol,
des descriptions et les images conservées dans des tombes.
Le refus de la tradition, manifesté
dans l'architecture et la sculpture, se traduit également par
le rejet de la langue classique. Devenue langue morte, elle ne servira
plus qu'à l'écriture et sera ensuite remplacée
par une expression plus proche de la langue parlée.