| Le temple de Millions d'Années
de la reine Hatschepsout à Deir el-Bahari, bâti au pied d'une
falaise occidentale de la montagne thébaine, est un spéos
(en partie creusé dans le roc). La paroi rocheuse intervient comme
un arrière-fond scénique d'un théâtre naturel
impressionnant. L'édifice, construit par l'architecte Senenmout,
s'élève sur trois terrasses. Les salles et chapelles sont
dédiées à diverses divinités dont Amon, Hathor
et Anubis. La troisième terrasse abrite une chapelle creusée
dans le roc qui servira de lieu de culte funéraire à Thoutmôsis
Ier, Thoutmôsis II, ainsi qu'à la reine Ahmôsis. Ptolémée
II l'a creusera plus profondément la chapelle afin d'y inclure
le culte des deux personnages divinisés d'Imhotep, l'architecte
de Djeser, et d'Amenhotep fils de Hapou, architecte d'Amenhotep III.
Auguste Mariette, qui découvrira le site à l'état de ruines au milieu de XIXème siècle, achèvera ses fouilles en 1896. Les principales dégradations seront le fait de Thoutmosis III, évincé du trône pendant vingt ans par la fille de Thoutmosis Ier, qui s'efforcera de faire disparaître toutes les traces laissées par la première femme-pharaon de l'histoire égyptienne. Cette dernière est représentée avec la barbe traditionnelle des pharaons sur certains bas-reliefs de son temple funéraire. Akhénaton effacera toutes les références à Amon, avant de transférer sa cour à Tell el-Amarna. Les Chrétiens, qui l'utiliseront comme monastère aux VIème et VIIème siècles, détruiront ses bas-reliefs païens et lui donneront le nom de Deir el-Bahri (monastère du Nord). |
![]() |
![]() |
|
Naissance
: Egypte - Décès : Egypte, 1482 avant J.C.
XVIIIème dynastie Reine : Egypte approx. de 1503 à 1482 avant J.C. Fille de Aakhéperka Rê (Thoutmôsis Ier) et Ahmès Demi-soeur de Aakhéperen Rê (Thoutmosis II) |
| Le couple formé par Thoutmosis Ier et Ahmès donnera naissance à une fille, Hatchepsout, et un garçon, Aménémès, qui ne régnera pas. Hatchepsout épouse son demi-frère, né d'une relation entre Thoutmosis Ier et sa concubine, qui monte sur le trône sous le nom de Thoutmosis II |

| Ce
pharaon poursuit l'oeuvre de son père et maintien la domination
égyptienne dans la région en prenant la tête de deux
campagnes militaires, l'une en Nubie, l'autre en Palestine. Il disparaît
prématurément. Thoutmosis II et Hatchepsout n'auront pas
d'héritiers mâles mais une fille, Néférou Rê.
Le roi aura par ailleurs un fils d'une épouse secondaire, Thoutmosis
III qui épousera sa demi-soeur Néférou Rê.
Thoutmosis III est trop jeune pour succéder à son père. Hatchepsout épouse alors son énergique et ambitieux neveu et exerce la régence avant de se faire couronner et prendre la titulature de pharaon. Thoutmosis III n'assumera qu'un rôle de corégent dépourvu de pouvoirs. La nouvelle reine justifie cette usurpation en mettant entre parenthèses le règne de son époux, Thoutmosis II, et en s'inventant une corégence avec son père Thoutmosis Ier. Ce " texte de la jeunesse d'Hatchepsout " se trouve dans le temple funéraire qu'elle se fera construire à Deir el-Bahari. La reine s'entoure d'une poignée de hauts dignitaires compétents et dévoués parmi lesquels son architecte et intendant Senenmout qui sera chargé de l'éducation de sa fille Neferure. On compte, dans son entourage, Pouym Rê, deuxième prophète d'Amon et grand architecte également, Nehesy, chancelier qui prendra la tête de l'expédition commerciale en direction du pays du Pount, et Hapouseneb, son vizir et grand prêtre d'Amon qui supervisera l'essentiel des grands travaux et des expéditions. L'Egypte connaît une période de grande prospérité marquée par une activité commerciale intense en direction de l'Asie, du Sinaï et du Pount. Les frontières s'étendent alors des cataractes supérieures du Nil en Nubie jusqu'à l'Euphrate en Asie. L'expédition en direction du pays du Pount, "pays de dieu" à l'intérieur de la Mer Rouge à proximité l'Éthiopie actuelle, revêt un caractère essentiellement commercial. Le pays regorge de parfums et d'huiles de sycomore, d'ébène et de bois aromatiques, d'or, d'ivoire, de fourrures et d'animaux. Le trésor rapporté ira enrichir celui de Karnak où elle fera construire le Saint des Saints, la Chapelle Rouge et deux obélisques "doigts des dieux" dont l'un est encore dressé. Les vestiges de l'autre porte l'inscription suivante : "Tous les pays étrangers me sont soumis. Ma frontière Sud atteint la région du Pount, celle de l'Est les marais d'Asie. Les habitants du Sinaï sont sous ma domination. À l'Ouest, mon Royaume s'étend jusqu'au Manu. Je domine la Libye. Je règne sur les Bédouins, les habitants du désert. On m'apporte la myrrhe du Pount...". Les représentations du deuxième portique du temple de Deir el-Bahari, également appelé portique du Pount, retracent les expédions en direction des mines du Sinaï et du Pount. Les travaux entrepris durant son règne concerneront également la restauration des monuments détruits par les Hyksos, la construction d'une chapelle en grès et de deux obélisques en l'honneur de Khnoum à Eléphantine, l'aménagement d'une grotte à Spéos Artemidos en Moyenne Égypte consacrée à la déesse Pachet et surtout son temple funéraire de Deir el-Bahari que les Egyptiens nommaient "djéer djéserou" (le magnifique des magnifiques), taillé dans le roc d'une montagne et composé de trois terrasses. Elle fera aménager une tombe entre la Vallée des rois et la Vallée des reines dans laquelle on trouvera un sarcophage en quartzite jaune. Cette construction sera abandonnée après son couronnement et remplacée par une tombe dans creusée dans la Vallée des Rois. Les circonstances de sa mort restent inconnues. L'empressement de son successeur à faire disparaître l'essentiel des traces du règne de sa tante plaide malgré tout pour une disparition violente dans le cadre d'une révolution de palais. En relation avec Karnak
|