Axel

Axel est un jeune talent tres prometteur
je vous invite a decouvrir ses magnifiques
poemes

Sur le bord des abysses.

Sur le bord des abysses.

Je viens de parcourir un étrange chemin… Il est bordé des
fleurs les plus magnifiques que je n’ai jamais eu
l’occasion de voir. Un festival de couleur, des violets sur
des teintes de jaune au milieu de rose et fleur arc en ciel.
Tout cela me calme tant, elles me font tant de bien. Je ne
sais comment je suis arrivé ici, je parcourrai l’Elysée, je
marchai en simple badaud et me suis mis à suivre un homme,
homme choisi au hasard dans la foule. Au hasard pas tant que
ça, il m’a plu, sa démarche, son genre, son calme… le calme,
j’en ai tant besoins. Et voila que ce lieu me procure le
calme dont j’ai besoins… Ce lieu, c’est un paradis
artificiel, de ce que l’homme sait faire de mieux, la main
créatrice guidé par l’esprit aigu, précis de l’artiste,
l’amour de faire. Paradis artificiel, car nul paradis ne
peut ressortir de cette terre. Pourtant, je suis si bien
ici…
Je continue à parcourir le chemin, je n’avais pas remarqué
que j’étais en hauteur. En dessous de moi des gens marchent,
se suivent comme hagard… La masse du peuple qui part vers
ses propres galères. Nul expression n’anime leur visage, nul
lumière n’étincelle dans leur œil, c’est comme si ils
étaient non existant. Mais comment exister dans cette masse
! Je me pose… Je les regarde, le flot de ces personnes est
interminable… Etrange procession. Je me tourne vers le
soleil, il est brillant, il réchauffe mon corps de ses
rayons qui viennent s’éteindre sur moi. Il me donne la
chaleur bienfaitrice de la vie. Me posait ici, dormir un
peu, m’assoupir et oublier.
Je me réveille doucement, autour de moi les choses ont
changé… Aurai-je marché en dormant ? Où sont les fleurs ? Où
est le soleil… Il n’y a plus que du noir autour de moi. La
nuit, les ténèbres. Mais je suis toujours sur le même
chemin, en bas… La masse des êtres zombies continuent sa
procession… Suis-je loin de chez moi ? Suis-je chez moi ! Je
me retourne, je vois au loin l’homme que j’avais suivi plus
tôt… Peut être peut il me ramener à nouveau vers le chemin
éclairer. oh si jolie fleur.
Je cours, je veux le rejoindre, mais il me fuit, mes pas ne
sortent pas de la nuit, je n’ai plus d’ombre, je ne me vois
plus, le soleil ne réchauffe plus mon corps, ce corps est
engourdi… D’ailleurs je fini par me demander si je cours
réellement. L’homme est si loin, tellement loin, il n’avance
plus et pourtant je n’arrive pas à le rejoindre. Et dans
cette nuit, pourquoi a-t-il cette lumière qui me permet de
le voir…
Je m’essouffle, je n’en peux plus… Je suis fatigué, si
fatigué…
Je me suis à nouveau assoupi, mes yeux ont peines à
s’ouvrir, il fait jour, j’ai enfin quitté les ténèbres. Mais
je n’arrive pas à distinguer… La lumière est trop vive, elle
m’aveugle, seul mon ouïe me renseigne sur mon environnement.
Mais il me semble que j’entends deux choses si différentes,
d’un coté les lamentations, les pleures, le désespoir, ils
sont si nombreux, ils m’appellent, ils veulent que je les
aide, mais comment puis je faire ? Ils veulent rentrer, ils
veulent que je les vois… je les entends, ils veulent
rentrer, moi aussi je souhaiterai rentrer, si seulement je
pouvais voir, me déplacer, savoir où ce trouve le chemin.
Mais d’un autre coté, j’entends des jeunes filles rires,
j’entends le clapotis de l’eau, j’entends comme le mouvement
d’une eau qui se déverse, une rivière peut être, ou un
simple ruisseau. Mes yeux s’habitue, étrangement je me
tourne vers le rire des jeunes filles et de cette eau qui
coule si calmement. Je les vois, si je ne croyais pas à ces
bêtises je les qualifierais de nymphe, elles sont nues,
elles ne semblent pas m’avoir remarqué… Je vois un taillis,
je me cache dedans et je m’étonne moi-même de jouer les
voyeurs. L’eau que j’entendais était en faite un mince filet
d’eau, une source tombant dans un lac, l’eau est d’une
pureté comme je n’en avais vu nulle part ailleurs. Des
reflets argentés sont visible sur cette eau qui tombe
doucement. Mais je me retourne, car je me souviens des
cries, des lamentations, mais plus rien, plus de pleures,
plus de cries, personnes et pas de chemin…
Les jeunes filles ne m’ont toujours pas vu, je regarde cette
étrange spectacle, elle s’asperge, ruisselle ensuite, leur
corps fragile ainsi nu semble se sublimer au contacte de ce
liquide…. Elles sont heureuses. Finalement je reste là à les
observer, j’absorbe à mon compte leur joie, je m’en
imprègne…
Elles sont si belles, l’une d’elle me fait penser à mon
amour disparu… Cela m’attriste de resonger à elle.
Leur joie ne me fait plus rien, la détresse de me souvenir
d’avoir perdu l’être aimé redevient vivace, pourquoi m’as-tu
abandonné si tôt… Tu as avec ton départ, laissé que trop peu
d’oasis dans le désert de ma vie, des photos, des souvenirs,
rien d’assez concret, pourquoi avoir disparu dans l’apogée
de notre amour. Mes yeux se ferment, je voudrai tant ne plus
être… ou ne plus me souvenir… Retrouver mon banc, mon pont
ces lieux qui écrivent les pages de ma vie à présent, dans
l’indifférence de la masse. Je relève ma tête, je veux
partir à présent, rentrer, cependant un dernier regard,
revoir, entendre cette joie, mais bizarrement je n’entends
plus, mais je là vois encore, la fille qui te ressemble
tant, elle m’a vu, elle ne semble pas gêné, elle me sourit,
elle est presque toi, mais je me détourne, me voir ainsi me
détourner lui fait lancer des appels, mais je n’entends pas,
je ne fais que voir, elle tante de venir vers moi, je suis
désemparé… Elle est toi… Est-ce toi ? Vais-je te retrouver ?
Est-ce possible ? Mon cœur palpite, mais pourquoi ne puis-je
pas entendre ? Tu cours, tu cours vers moi, allons nous nous
rejoindre ? Les autres jeunes filles me regardent elles
aussi à présent, elles ne sourient plus, elles ont même de
la haine dans leurs regards. La lumière, cette lumière, elle
m’aveugle, mais je veux te voir, je te différencie d’elle,
tu es toi, elles ne sont pas toi, je n veux les voir !
Mes yeux ruissellent tant la lumière est forte, je veux te
voir encore… te voir, mais je ne peux t’entendre, tu
t’enfonce, tu cries, je vois que tu cries, mais pourquoi ne
t’aident t’elles pas, elles sont plus prêt de toi que moi,
vu que ton sort leur semble indifférent, moi je t’aiderai,
j’avance dans cette eau qui mouille les moindres parties de
mon corps, je ne veux pas te perdre à nouveau, j’y suis
presque, ton visage, il ne reste plus que ton visage, j’en
suis sur c’est bien toi, cette fois j’en suis sur… ne pas te
perdre, pas à nouveau, pas quand je te retrouve, ton visage
me souri, l’éclat de tes yeux me rend une seconde fois fou
amoureux de toi, mais les profondeurs t’engloutissent
complètement, je n’ai pu te sauver, trop tard, je n’ai pas
entendu l’empressement de ces eaux de t’arracher à moi, car
je vois à présent, le ruisseau est torrent, c’est pour ça
que tu es englouti, je n’ai pas vu, pas entendu à temps.
Pourquoi ! Mais pourquoi !
Les autres filles continuent à me regarder avec hostilités,
pensent t’elles que c’est moi qui l’ai tué ? Que c’est par
ma faute qu’elle s’est noyée, elle à présent enfoncée dans
ces eaux pourtant si pur, tant éloigné d’aspect de tout
danger, d’ailleurs pourquoi dans cette transparence ne puis
je te voir dans ton cercueil liquide, répondez moi leur
criai je… Où est ce que je suis ? Leurs yeux sont toujours
pleins de reproches et encore une fois je cherche à avancer
mais mes pas ne me mènent point vers elles, j’entends à
nouveau des cries de douleurs, dieu… dieu pourquoi me faite
vous fou ? Aidez moi… aidez moi.
Je me réveille à nouveau, je ne suis plus dans l’eau, je
suis sur la terre, une terre froide, dur, infertile à en
croire sa nudité. Suis-je dans un rêve ? Je veux me
réveiller, peut on se réveiller seul de nos cauchemars, peut
on en sortir seul ? Seul, mais je me tourne, je ne suis pas
seul, je suis au milieu de ces êtres sans éclat que j’avais
vu du haut de mon chemin, ils ne semblent pas me remarquer…
Je cherche à les pousser, les bousculer, leur faire
remarquer ma présence qui ne semble pas leur sauter aux
yeux… Ou suis-je ? Comment rentrer ? Voila ce que je
m’égosille, voila mes questions, mais mes paroles restent
veine.
Je regarde au loin et je vois un si grand feu… Pourquoi ces
gens partent là bas, quelle destinée ont-ils vers ce lieu de
fournaise… Moi je ne veux pas aller là bas, je vais à
l’inverse, je cours, cours encore, trouver un chemin qui me
mène là haut, vers les si belles fleures multicolores, loin
de l’amour qui m’entaille le cœur, loin du feu de la
déraison qui nous consume, nous grande masse humaine,
personne parmi d’autre personne, parmi nous qui sommes
aucun.
Je tombe, je trébuche, je veux vivre, vivre, je sens que ce
chemin c’est le chemin vers la mort, vers la consumation des
chaires, vers la désuétude, vers l’inexistence… Là où nous
sommes noyés dans le dédain total, noyé dans cette eau
primordiale… Là où le démiurge a scellé notre destin…
Elyséon, je ne te veux point… Courir, courir à en perdre
haleine, souffrir pour vivre, m’en étouffer. Ne pas vivre du
bonheur artificiel… Car inefficace à nous sentir vivant, il
nous ferme les yeux, pour nous réveiller dans des enfers
successif, à la beauté idolâtre, mais dans lequel nous
n’agissons pas, la vie que l’on ne souhaite apprivoiser, on
se détourne, retourne, on ferme les yeux et à ne plus voir,
à ne plus entendre, nous ne sommes plus vu, nous ne sommes
plus entendu. Je veux être entendu, je veux être vu ! Je
veux vivre !
©Axel