Sur
le bord des abysses.
Je viens de parcourir
un étrange chemin
Il est bordé des
fleurs les plus magnifiques que je nai jamais eu
loccasion de voir. Un festival de couleur, des violets sur
des teintes de jaune au milieu de rose et fleur arc en ciel.
Tout cela me calme tant, elles me font tant de bien. Je ne
sais comment je suis arrivé ici, je parcourrai lElysée,
je
marchai en simple badaud et me suis mis à suivre un homme,
homme choisi au hasard dans la foule. Au hasard pas tant que
ça, il ma plu, sa démarche, son genre, son calme
le calme,
jen ai tant besoins. Et voila que ce lieu me procure le
calme dont jai besoins
Ce lieu, cest un paradis
artificiel, de ce que lhomme sait faire de mieux, la main
créatrice guidé par lesprit aigu, précis
de lartiste,
lamour de faire. Paradis artificiel, car nul paradis ne
peut ressortir de cette terre. Pourtant, je suis si bien
ici
Je continue à parcourir le chemin, je navais pas remarqué
que jétais en hauteur. En dessous de moi des gens marchent,
se suivent comme hagard
La masse du peuple qui part vers
ses propres galères. Nul expression nanime leur visage,
nul
lumière nétincelle dans leur il, cest
comme si ils
étaient non existant. Mais comment exister dans cette masse
! Je me pose
Je les regarde, le flot de ces personnes est
interminable
Etrange procession. Je me tourne vers le
soleil, il est brillant, il réchauffe mon corps de ses
rayons qui viennent séteindre sur moi. Il me donne la
chaleur bienfaitrice de la vie. Me posait ici, dormir un
peu, massoupir et oublier.
Je me réveille doucement, autour de moi les choses ont
changé
Aurai-je marché en dormant ? Où
sont les fleurs ? Où
est le soleil
Il ny a plus que du noir autour de moi.
La
nuit, les ténèbres. Mais je suis toujours sur le même
chemin, en bas
La masse des êtres zombies continuent sa
procession
Suis-je loin de chez moi ? Suis-je chez moi ! Je
me retourne, je vois au loin lhomme que javais suivi plus
tôt
Peut être peut il me ramener à nouveau
vers le chemin
éclairer. oh si jolie fleur.
Je cours, je veux le rejoindre, mais il me fuit, mes pas ne
sortent pas de la nuit, je nai plus dombre, je ne me vois
plus, le soleil ne réchauffe plus mon corps, ce corps est
engourdi
Dailleurs je fini par me demander si je cours
réellement. Lhomme est si loin, tellement loin, il navance
plus et pourtant je narrive pas à le rejoindre. Et dans
cette nuit, pourquoi a-t-il cette lumière qui me permet de
le voir
Je messouffle, je nen peux plus
Je suis fatigué,
si
fatigué
Je me suis à nouveau assoupi, mes yeux ont peines à
souvrir, il fait jour, jai enfin quitté les ténèbres.
Mais
je narrive pas à distinguer
La lumière est
trop vive, elle
maveugle, seul mon ouïe me renseigne sur mon environnement.
Mais il me semble que jentends deux choses si différentes,
dun coté les lamentations, les pleures, le désespoir,
ils
sont si nombreux, ils mappellent, ils veulent que je les
aide, mais comment puis je faire ? Ils veulent rentrer, ils
veulent que je les vois
je les entends, ils veulent
rentrer, moi aussi je souhaiterai rentrer, si seulement je
pouvais voir, me déplacer, savoir où ce trouve le chemin.
Mais dun autre coté, jentends des jeunes filles
rires,
jentends le clapotis de leau, jentends comme le
mouvement
dune eau qui se déverse, une rivière peut être,
ou un
simple ruisseau. Mes yeux shabitue, étrangement je me
tourne vers le rire des jeunes filles et de cette eau qui
coule si calmement. Je les vois, si je ne croyais pas à ces
bêtises je les qualifierais de nymphe, elles sont nues,
elles ne semblent pas mavoir remarqué
Je vois un
taillis,
je me cache dedans et je métonne moi-même de jouer
les
voyeurs. Leau que jentendais était en faite un
mince filet
deau, une source tombant dans un lac, leau est dune
pureté comme je nen avais vu nulle part ailleurs. Des
reflets argentés sont visible sur cette eau qui tombe
doucement. Mais je me retourne, car je me souviens des
cries, des lamentations, mais plus rien, plus de pleures,
plus de cries, personnes et pas de chemin
Les jeunes filles ne mont toujours pas vu, je regarde cette
étrange spectacle, elle sasperge, ruisselle ensuite,
leur
corps fragile ainsi nu semble se sublimer au contacte de ce
liquide
. Elles sont heureuses. Finalement je reste là
à les
observer, jabsorbe à mon compte leur joie, je men
imprègne
Elles sont si belles, lune delle me fait penser à
mon
amour disparu
Cela mattriste de resonger à elle.
Leur joie ne me fait plus rien, la détresse de me souvenir
davoir perdu lêtre aimé redevient vivace,
pourquoi mas-tu
abandonné si tôt
Tu as avec ton départ,
laissé que trop peu
doasis dans le désert de ma vie, des photos, des souvenirs,
rien dassez concret, pourquoi avoir disparu dans lapogée
de notre amour. Mes yeux se ferment, je voudrai tant ne plus
être
ou ne plus me souvenir
Retrouver mon banc,
mon pont
ces lieux qui écrivent les pages de ma vie à présent,
dans
lindifférence de la masse. Je relève ma tête,
je veux
partir à présent, rentrer, cependant un dernier regard,
revoir, entendre cette joie, mais bizarrement je nentends
plus, mais je là vois encore, la fille qui te ressemble
tant, elle ma vu, elle ne semble pas gêné, elle
me sourit,
elle est presque toi, mais je me détourne, me voir ainsi me
détourner lui fait lancer des appels, mais je nentends
pas,
je ne fais que voir, elle tante de venir vers moi, je suis
désemparé
Elle est toi
Est-ce toi ? Vais-je
te retrouver ?
Est-ce possible ? Mon cur palpite, mais pourquoi ne puis-je
pas entendre ? Tu cours, tu cours vers moi, allons nous nous
rejoindre ? Les autres jeunes filles me regardent elles
aussi à présent, elles ne sourient plus, elles ont même
de
la haine dans leurs regards. La lumière, cette lumière,
elle
maveugle, mais je veux te voir, je te différencie delle,
tu es toi, elles ne sont pas toi, je n veux les voir !
Mes yeux ruissellent tant la lumière est forte, je veux te
voir encore
te voir, mais je ne peux tentendre, tu
tenfonce, tu cries, je vois que tu cries, mais pourquoi ne
taident telles pas, elles sont plus prêt de toi
que moi,
vu que ton sort leur semble indifférent, moi je taiderai,
javance dans cette eau qui mouille les moindres parties de
mon corps, je ne veux pas te perdre à nouveau, jy suis
presque, ton visage, il ne reste plus que ton visage, jen
suis sur cest bien toi, cette fois jen suis sur
ne pas te
perdre, pas à nouveau, pas quand je te retrouve, ton visage
me souri, léclat de tes yeux me rend une seconde fois
fou
amoureux de toi, mais les profondeurs tengloutissent
complètement, je nai pu te sauver, trop tard, je nai
pas
entendu lempressement de ces eaux de tarracher à
moi, car
je vois à présent, le ruisseau est torrent, cest
pour ça
que tu es englouti, je nai pas vu, pas entendu à temps.
Pourquoi ! Mais pourquoi !
Les autres filles continuent à me regarder avec hostilités,
pensent telles que cest moi qui lai tué ?
Que cest par
ma faute quelle sest noyée, elle à présent
enfoncée dans
ces eaux pourtant si pur, tant éloigné daspect
de tout
danger, dailleurs pourquoi dans cette transparence ne puis
je te voir dans ton cercueil liquide, répondez moi leur
criai je
Où est ce que je suis ? Leurs yeux sont toujours
pleins de reproches et encore une fois je cherche à avancer
mais mes pas ne me mènent point vers elles, jentends
à
nouveau des cries de douleurs, dieu
dieu pourquoi me faite
vous fou ? Aidez moi
aidez moi.
Je me réveille à nouveau, je ne suis plus dans leau,
je
suis sur la terre, une terre froide, dur, infertile à en
croire sa nudité. Suis-je dans un rêve ? Je veux me
réveiller, peut on se réveiller seul de nos cauchemars,
peut
on en sortir seul ? Seul, mais je me tourne, je ne suis pas
seul, je suis au milieu de ces êtres sans éclat que javais
vu du haut de mon chemin, ils ne semblent pas me remarquer
Je cherche à les pousser, les bousculer, leur faire
remarquer ma présence qui ne semble pas leur sauter aux
yeux
Ou suis-je ? Comment rentrer ? Voila ce que je
mégosille, voila mes questions, mais mes paroles restent
veine.
Je regarde au loin et je vois un si grand feu
Pourquoi ces
gens partent là bas, quelle destinée ont-ils vers ce
lieu de
fournaise
Moi je ne veux pas aller là bas, je vais à
linverse, je cours, cours encore, trouver un chemin qui me
mène là haut, vers les si belles fleures multicolores,
loin
de lamour qui mentaille le cur, loin du feu de la
déraison qui nous consume, nous grande masse humaine,
personne parmi dautre personne, parmi nous qui sommes
aucun.
Je tombe, je trébuche, je veux vivre, vivre, je sens que ce
chemin cest le chemin vers la mort, vers la consumation des
chaires, vers la désuétude, vers linexistence
Là où nous
sommes noyés dans le dédain total, noyé dans
cette eau
primordiale
Là où le démiurge a scellé
notre destin
Elyséon, je ne te veux point
Courir, courir à
en perdre
haleine, souffrir pour vivre, men étouffer. Ne pas vivre
du
bonheur artificiel
Car inefficace à nous sentir vivant,
il
nous ferme les yeux, pour nous réveiller dans des enfers
successif, à la beauté idolâtre, mais dans lequel
nous
nagissons pas, la vie que lon ne souhaite apprivoiser,
on
se détourne, retourne, on ferme les yeux et à ne plus
voir,
à ne plus entendre, nous ne sommes plus vu, nous ne sommes
plus entendu. Je veux être entendu, je veux être vu !
Je
veux vivre !
©Axel